Histoire des danses swing

L'histoire du Balboa

D'une péninsule du Pacifique aux pistes de danse du monde entier, l'histoire d'une danse swing née de la contrainte et devenue un art de la finesse.

Le Balboa est une danse étrange. À première vue, elle ne paie pas de mine. Pas d'aérien spectaculaire, pas de breakaways qui font claquer la piste, pas de mouvement ample. Deux corps soudés l'un à l'autre, qui semblent à peine bouger, dont seuls les pieds racontent l'histoire. Et pourtant, demandez à n'importe quel danseur swing ce qu'il a ressenti la première fois qu'il a vu un couple bien dansé filer à 250 battements par minute sans rompre l'embrassement : il vous parlera d'une magie discrète, d'un secret entre les partenaires, d'une élégance qu'aucun feu d'artifice ne saurait remplacer.

Cette danse-là est née sur la côte sud de la Californie au tout début des années 1930, sur une presqu'île de sable et de bois entre Los Angeles et Newport Beach. Elle est l'enfant de la contrainte spatiale et de la finesse musicale. Elle a presque disparu après la guerre. Elle a été sauvée par une poignée de passionnés dans les années 1980. Aujourd'hui, elle a ses festivals propres, ses figures contemporaines, ses débats. Et elle est à Paris, plus vivante que jamais.

La Californie swing des années 1930

Pour comprendre la naissance du Balboa, il faut d'abord se représenter ce qu'était le Sud californien dans les années 1930. Los Angeles, Long Beach, Newport, San Diego connaissent un boom démographique extraordinaire. Les studios d'Hollywood embauchent des milliers de techniciens et de figurants. L'industrie aéronautique commence à s'installer. Les jeunes affluent. Et toute cette jeunesse veut danser.

Le Sud californien d'alors n'a pas la densité de New York. C'est un territoire éclaté, sans le maillage de clubs intimes qu'on trouve à Harlem. Quand on veut danser, on prend le tramway électrique des Pacific Electric Railway et on se rend dans l'un des grands ballrooms construits sur la côte pendant les années 1920. Ces salles sont énormes. Elles peuvent accueillir plusieurs milliers de personnes en même temps. Le Hollywood Palladium, ouvert en 1940, comptera jusqu'à 7 500 danseurs dans une seule soirée. L'Aragon Ballroom à Pacific Ocean Park, le Casino Gardens à Ocean Park, le Balboa Pavilion et plus loin le Rendezvous Ballroom à Newport Beach, le Casino sur l'île de Catalina, tous suivent le même modèle.

La musique qui résonne dans ces salles, c'est celle des grands orchestres : Benny Goodman, Artie Shaw, Glenn Miller, Tommy Dorsey, Harry James, Stan Kenton. Quand l'un d'eux est annoncé sur la côte, la jeunesse de toute la région du Sud californien se précipite. Le Lindy Hop, né à Harlem une dizaine d'années plus tôt, n'a pas encore vraiment atteint l'Ouest américain. Le Charleston en partenariat, le Foxtrot, le Texas Tommy, et un peu plus tard la Rhumba forment le répertoire commun. Les danseurs californiens vont, à partir de ces matériaux, inventer leur propre famille de danses.

La péninsule de Balboa et le Rendezvous Ballroom

La péninsule de Balboa est une étroite langue de sable qui prolonge Newport Beach, dans le comté d'Orange. Elle tire son nom de l'explorateur espagnol Vasco Núñez de Balboa, le premier Européen à avoir aperçu l'océan Pacifique depuis l'isthme de Panama en 1513. Au début du vingtième siècle, c'est un lieu de villégiature populaire : maisons de bois sur pilotis, plages, gentilshommes en costume blanc, jeunes baigneuses, manège, embarcadère.

En 1928, à l'extrémité sud-est de la péninsule, là où s'arrête la ligne du tramway des Pacific Electric, on inaugure le Rendezvous Ballroom. C'est une cathédrale de bois sur deux étages, qui occupe la moitié d'un pâté de maisons. La piste, posée sur ressorts, fait environ 1 100 mètres carrés. La salle peut tenir jusqu'à 4 000 personnes. Le samedi soir, quand un grand orchestre y joue, la piste accueille parfois plus de 1 500 couples en même temps. Le bâtiment connaît dès 1928 toutes les épreuves d'un grand ballroom : la prohibition (alcool servi en cachette), la crise économique, plusieurs incendies qui le détruiront et le verront renaître à l'identique.

C'est dans cette salle, plus que dans aucune autre, que se forge le Balboa. À tel point que les historiens de la danse comparent le Rendezvous au Savoy Ballroom de Harlem pour le Lindy Hop : un lieu fondateur, un berceau spirituel sinon littéral. Quand on parle aujourd'hui de l'esprit du Balboa, on parle souvent, en réalité, de l'esprit du Rendezvous.

La naissance d'une danse pour pistes bondées

Comment danser dans une salle où mille cinq cents couples sont déjà collés les uns aux autres ? Cette question, que se posent les jeunes Californiens au début des années 1930, va déterminer toute la grammaire du Balboa.

Plusieurs ballrooms du Sud californien, conscients du risque que faisaient courir aux danseurs voisins les figures aériennes des Lindy Hoppers ou les kicks de Charleston, instituent des règles strictes. Des panneaux no breaks sont affichés sur les murs : il est interdit de rompre la position fermée. Des videurs, parfois, surveillent la piste et invitent à sortir ceux qui s'aventurent trop loin de leur partenaire. Le Rendezvous Ballroom et plusieurs salles voisines de Long Beach et de Hollywood appliquent ces consignes.

Les jeunes danseurs trouvent une solution élégante. Ils inventent une danse qui ne demande presque pas d'espace, qui se contente d'environ un mètre carré, qui peut accueillir n'importe quel tempo sans danger. Les corps restent collés. Les bassins gardent un contact léger, les poitrines s'effleurent. Toute la créativité se concentre dans les pieds : petits pas chuintés sur le parquet ciré, déplacements de poids subtils, alternances de talons et de pointes, syncopes infinies. C'est cette danse-là que la presse locale du début des années 1930 mentionne pour la première fois sous le nom de Balboa Shuffle, vite raccourci en Balboa.

Tout ce que les anciens danseurs nous ont jamais dit du Balboa nous porte à croire que ce n'était pas une danse de représentation. Quand la piste est si surpeuplée que les spectateurs ne voient qu'une mer lisse de têtes flottantes, plus personne ne se soucie d'être vu. Bobby White, Swungover

Cette caractéristique va imprimer toute la philosophie de la danse. Le Balboa n'est pas une danse performative. Il n'est pas fait pour être regardé. Il est fait pour être ressenti, entre deux partenaires, dans un microcosme à deux qu'aucun œil extérieur ne peut pénétrer. Cette intimité spécifique sera plus tard l'une des plus grandes séductions du Balboa moderne.

Les influences possibles sur la danse sont multiples. Certains historiens y voient l'héritage du Foxtrot, des autres celui du Charleston en partenariat, d'autres encore du Collegiate Shag, de la Rhumba ou même de pas plus anciens de music-hall. Le grand danseur original Willie Desatoff lui-même affirmait que le Balboa descendait de la Rhumba. Les premières apparitions du nom dans les journaux datent de 1932, mais il est probable que la danse circulait dans les ballrooms californiens dès la fin des années 1920.

D'où vient le nom Balboa ?

Le nom Balboa s'impose dans la presse régionale à partir de 1932 sous la forme Balboa Shuffle. Il fait référence directe à la péninsule de Balboa, où la danse est massivement pratiquée par les jeunes du Sud californien. Le terme se raccourcit rapidement en simple Balboa, et les danseurs eux-mêmes, plus familiers, l'abrégeront en Bal (qu'on prononce comme l'anglais Al).

Ce nom géographique distingue le Balboa de toutes les autres danses swing nées au même moment. Là où le Lindy Hop tire son nom d'un événement de l'actualité (la traversée de l'Atlantique par Charles Lindbergh en mai 1927), le Balboa porte le nom d'un lieu, d'un sable, d'une péninsule. Il dit quelque chose de l'identité locale et communautaire de la danse, plus que de son rapport au monde extérieur.

D'autres noms ont circulé localement. Balboa Hop, Newport Beach Shuffle, parfois simplement Shuffle. Mais c'est Balboa qui s'est imposé, et qui s'est ensuite étendu, par métonymie, à toutes les variations que la danse allait connaître.

Pure Bal, la forme originelle

Pendant la première moitié des années 1930, ce qu'on appelle aujourd'hui Pure Bal ou Pure Balboa est la seule forme connue de la danse. Pas de breaks, pas d'ouverture. Les deux partenaires gardent en permanence le contact poitrine contre poitrine, dans une position fermée légèrement décalée vers la gauche. Le buste est droit, parfois très légèrement penché en avant. Les genoux restent doucement fléchis. Le poids est en permanence sur les balles des pieds, qui glissent et frôlent le parquet plus qu'ils ne le frappent.

Le Pure Bal est une danse à huit temps. Sa structure rythmique de base est très simple en apparence : pas, pas, pose, pos, pas, pas, pose, pose. Mais à l'intérieur de ce cadre, les danseurs originaux ont développé une infinité de variations : single time (un pas par battement), double time (deux pas par battement, par exemple kick-step), triple time (trois pas par battement), break time, down hold, up hold. Chaque danseur original avait sa propre signature rythmique, et ce sont ces signatures que les chercheurs contemporains s'efforcent depuis quarante ans de décrypter image par image dans les films d'archives.

Les figures du Pure Bal sont peu nombreuses, et toutes se font sans rupture de l'embrassement : out-and-ins (brève sortie et retour dans la position fermée), paddles, toss-outs très contenus, demi-tours en place. Toute la magie passe par la conversation des pieds et par les micro-changements de poids qui se transmettent d'un corps à l'autre.

Les premiers danseurs de Pure Bal qui sont restés dans la mémoire collective ne sont pas les vedettes des compétitions, ce sont plutôt des couples qui dansaient longtemps et simplement, semaine après semaine, dans le confort d'une connexion bien rodée. Ed et Inez Thompson. Bob et Marge Steinbrenner. Dean Raftery. Une danse de connaisseurs.

On dit dans les anciens témoignages que le Pure Bal était la danse des hommes plus âgés qui voulaient simplement rencontrer et danser avec des femmes, sans avoir à exécuter de figures spectaculaires. Cette anecdote dit beaucoup. Pure Bal était d'abord une danse de relation, une danse de présence. Pas une danse de prouesse.

L'émergence du Bal-Swing

Vers la fin des années 1930, les règles s'assouplissent dans les ballrooms californiens. Quelques salles autorisent désormais les breaks. Une nouvelle génération de danseurs s'engouffre dans la brèche. Pour eux, le Pure Bal commence à être un peu ennuyeux. Ils veulent ouvrir, tourner, voler, varier.

C'est ainsi qu'apparaît le Bal-Swing, contraction de Balboa et de Swing. Il combine la grammaire du Pure Bal (footwork à huit temps en position fermée) avec les ouvertures, les tours, les out-and-ins élargis, les throwouts, les crossovers, les lollies, les pivots, les figures empruntées au SoCal Swing environnant (le Swing californien généraliste, cousin du Lindy Hop). Une nouvelle élasticité apparaît : le couple sort de la position fermée, fait un tour, revient dans le Pure Bal, en ressort dix secondes plus tard pour un autre tour.

Pour les puristes du Pure Bal, ces innovations sont presque hérétiques. Pour les jeunes, elles sont la modernité même. Cette tension intergénérationnelle entre Pure Bal et Bal-Swing traversera toute l'histoire de la danse, jusqu'à aujourd'hui.

Les figures emblématiques de cette invention sont Willie Desatoff, Maxie Dorf, Hal Takier, Anne Mills, Natalie Esparza, Bart Bartolo, Lawrence « Lolly » Wise. C'est dans leur danse, et notamment dans le mouvement appelé Out-and-In, que le Bal-Swing trouve son identité propre. L'Out-and-In, expliqueront plus tard Maxie Dorf et Willie Desatoff, est le mouvement de base de tout le Bal-Swing : un déplacement avant-arrière qui ouvre légèrement le couple sans rompre la connexion, et qui permet ensuite toute la flexibilité du vocabulaire.

Maxie Dorf, dans une lettre tardive que les passionnés se transmettent comme un texte fondateur, écrira : au début c'était du Pure Bal, sans breaks. Les ballrooms n'autorisaient pas les breaks, trop de monde. Chacun avait son propre espace. À la fin de 1937, les ballrooms sont devenus plus tolérants et ont permis les breaks. Le Bal était trop ennuyeux pour moi, alors j'ai commencé à inventer des breaks. Les Pure Bal dancers ont refusé de changer. Mais les danseurs progressistes comme moi sont allés de l'avant et ont inventé beaucoup de pas que les danseurs swing d'aujourd'hui exécutent, sans savoir d'où ils viennent.

Les Ray Rand Swingers et les Big Four

Entre 1936 et 1939, la troupe d'exhibition la plus célèbre du Sud californien s'appelle les Ray Rand Swingers, du nom de leur manager. Les habitués de Los Angeles les surnomment The Big Four. Elle réunit quatre danseurs (et leurs partenaires) :

Maxie Dorf, dont la partenaire principale est Mary McCaslin. Hal Takier, dont la partenaire et future épouse est Betty Roeser. Lawrence « Lolly » Wise, qui dansera avec Lillian Arnold. Gil Fernandez, qui dansera avec Venna Cascon. Cette troupe domine les compétitions de la côte ouest, fait la tournée du Sud californien, anime les contests organisés par le journal Los Angeles Evening News, et se produit dans plusieurs films hollywoodiens des années 1937-1938.

Le moment le plus historiquement précieux où on peut les voir danser à l'écran est probablement Start Cheering, film de 1938 où Lolly Wise et Maxie Dorf exécutent quelques mesures de Bal-Swing en arrière-plan d'une scène musicale. C'est l'un des très rares témoignages filmés du Bal-Swing original de l'époque, et il a été regardé image par image par les historiens contemporains.

Les Big Four ne sont pas les seuls grands danseurs de l'époque. Willie Desatoff, qui restera tout au long de sa vie l'un des plus grands maîtres, n'a jamais fait partie de la troupe mais évoluait dans le même cercle. Anne Mills, suiveuse exceptionnelle, est entrée dans la légende pour son élégance et son sens du timing. Bart Bartolo, plus jeune, a appris auprès des aînés et a pris la relève. Roy Damron, dont les photos hantaient les journaux locaux à la fin des années 1930, a influencé toute la génération suivante avant de partir s'installer à Hawaii. Et il faut citer Dean Collins, immense danseur de Lindy Hop venu de l'Est qui s'est installé à Los Angeles en 1936 et qui a fortement influencé toute la scène swing californienne sans pour autant être lui-même un Balboa dancer au sens strict.

Maxie, Hal, Willie et les pionniers

Maxie Dorf (1921-2000) est probablement la figure la plus importante pour le Balboa contemporain. Issu d'une famille juive de Los Angeles, il commence à danser adolescent dans les ballrooms californiens. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il sert comme photographe dans la Navy et participe à plusieurs expéditions, jusqu'au pôle Nord. Après la guerre, il exerce différents métiers, photographe d'annuaires scolaires, croupier dans un casino, mais il danse toujours. À partir des années 1980, c'est lui qui transmettra à Sylvia Sykes tout son répertoire, sa philosophie et son style. Sans Maxie Dorf, le Balboa moderne n'existerait probablement pas tel que nous le connaissons.

Hal Takier (1917-2012), de son vrai nom Harold Chavoor Takier, est l'autre figure tutélaire. Il grandit à Los Angeles dans une famille d'origine arménienne. Il commence à danser vers dix-huit ans et devient, avec sa première épouse Betty Roeser, l'un des compétiteurs les plus craints de la scène californienne. Sa particularité est d'avoir conservé tout au long de sa vie le même style, la même énergie, la même vélocité. Sa veuve Marge Takier raconte qu'à plus de quatre-vingts ans il dansait encore plus longtemps que les jeunes danseurs des années 2000. Il s'est éteint en janvier 2012, à l'âge de 94 ans.

Willie Desatoff (1921-2005), dit Finesse, Finesse, Finesse selon le surnom que ses pairs lui donnaient, a grandi dans un quartier russe de Los Angeles. Diplômé du Roosevelt High School en 1940, il a servi dans les Coast Guards pendant la guerre, puis a passé toute sa vie comme charpentier. Sur la piste, il était considéré par ses contemporains comme l'un des plus grands danseurs de Bal-Swing de tous les temps, pour la fluidité de son mouvement, son sens du rythme et de la syncope, et l'individualité de son style. Particularité rare parmi les danseurs originaux : Willie aimait enseigner, même jeune. C'est lui qui a transmis le Bal-Swing à plusieurs maîtres contemporains comme David Rehm, Randy Maestretti et Kara Britt, Nick Williams, Bobby White, Kate Hedin.

Anne Mills (1922-2018), enfin, est considérée comme l'une des plus grandes suiveuses de l'histoire du Balboa, pour son élégance, sa technique et son charisme. Elle est restée active dans la communauté jusqu'à un âge très avancé.

La guerre et le sommeil discret

La Seconde Guerre mondiale interrompt brutalement la trajectoire des grands ballrooms californiens. Maxie Dorf part dans la Navy, Willie Desatoff dans les Coast Guards. Les hommes partent au front. Les grandes troupes professionnelles comme les Ray Rand Swingers se dispersent à la fin de 1939 ou au début de 1940. Le Rendezvous Ballroom continue à fonctionner pendant la guerre, mais avec un public différent, beaucoup de soldats en permission, beaucoup de couples qui dansent moins ambitieusement.

Après-guerre, le contexte musical change profondément. Le bebop apparaît à New York et remplace le swing dans les goûts des musiciens. Les big bands se dissolvent les uns après les autres, étranglés par la cabaret tax de 1944. Le rock'n'roll arrive dans les années 1950, et avec lui une danse plus libre, sans partenaire. Les jeunes Californiens dansent désormais le jitterbug, le boogie-woogie, plus tard le West Coast Swing, dérivé direct du Bal-Swing et du SoCal Swing mais réorganisé sur un slot linéaire pour s'adapter aux télévisions et aux musiques nouvelles.

Le Balboa, lui, entre dans une sorte de sommeil. Il ne meurt pas vraiment. Une communauté très restreinte d'anciens danseurs continue à pratiquer, parfois dans des compétitions ponctuelles, parfois dans des fêtes privées. Mais aucun nouvel apprenant ne s'y intéresse. La danse vit en autarcie, transmise dans une poignée de familles et de cercles amicaux, sans cours, sans tournée, sans visibilité.

Cette discrétion va durer environ quarante ans. Quatre décennies pendant lesquelles, si tout avait suivi son cours naturel, le Balboa aurait disparu avec la dernière génération de ses pratiquants. Mais il s'est trouvé deux miracles. D'abord, une rencontre régulière, dans un restaurant.

Bobby McGee's, l'ilot de survie

En 1978, deux danseurs de Balboa de longue date, Ed et Inez Thompson, rencontrent leurs amis Hal et Marge Takier pour discuter d'une idée. Ils veulent organiser deux dimanches par mois une soirée de Balboa dans un restaurant de la chaîne Bobby McGee's, à Newport Beach. L'idée est simple : revoir les vieux copains, danser sur la musique d'autrefois, garder vivante la convivialité qui leur manque.

La soirée prend. Pendant quarante ans, à Newport puis Long Beach, puis La Brea, le club Bobby McGee's réunira deux fois par mois les anciens danseurs originaux du Rendezvous et de toute la Californie. C'est ce club, à la fois insignifiant en apparence et historique en profondeur, qui va sauver le Balboa.

Car c'est là que, dans les années 1980 et 1990, une nouvelle génération de chercheurs et de danseurs va venir filmer, prendre des notes, poser des questions. Les vidéos tournées à Bobby McGee's sont devenues la matière première d'une partie immense du Balboa enseigné aujourd'hui dans le monde. C'est en regardant et en re-regardant ces images, image par image, que les danseurs contemporains ont déchiffré les subtilités du pas de base de Maxie, du throw-out de Willie, de l'élégance d'Anne Mills.

Sylvia Sykes, Jonathan Bixby et la renaissance

La renaissance du Balboa moderne porte deux noms : Sylvia Sykes et Jonathan Bixby. Au début des années 1980, ces deux jeunes danseurs californiens, déjà passionnés par les danses vintage et formés notamment par Dean Collins, comprennent que le Balboa est en train de mourir tranquillement. Ils décident de partir à la chasse aux maîtres survivants.

Sylvia Sykes raconte une anecdote bouleversante : quand elle cherche à apprendre le Balboa, Dean Collins lui dit que la personne à voir est Maxie Dorf. Elle essaie de le trouver, sans succès. C'est seulement aux funérailles de Dean Collins, quand Maxie Dorf est annoncé comme l'un des porteurs du cercueil, qu'elle réussit à le rencontrer. Maxie acceptera de l'enseigner. Mon objectif principal en lui enseignant était de garder la danse vivante, écrira-t-il plus tard. Grâce à leurs cassettes et à leur enseignement personnel à travers le monde, je sais maintenant que cela ne mourra pas.

Avec l'aide de l'historien Dwight Lupardus, Sylvia Sykes et Jonathan Bixby retrouvent un par un les maîtres survivants : Maxie Dorf, Willie Desatoff, Hal et Marge Takier, Anne Mills, Bart Bartolo, Ed et Inez Thompson. Ils les filment systématiquement, prennent des cours auprès d'eux, transcrivent leurs explications. Cette documentation patiente, à laquelle s'ajoute le film The Balboa Project initié par Lupardus, est le socle de toute la transmission contemporaine.

Sylvia Sykes commence ensuite à enseigner le Balboa dans des stages, d'abord aux États-Unis, puis en Europe, puis dans le monde entier. Elle est aujourd'hui surnommée par certains la Reine du Balboa, et son rôle dans la sauvegarde de la danse est comparable à celui de Frankie Manning pour le Lindy Hop. À ses côtés, plusieurs autres figures contemporaines (Joel Plys, Nick Williams, Valerie Salstrom, Bobby White, Mickey Fortanasce, Kelly Arsenault) prendront le relais et formeront la génération d'enseignants des années 2000 et 2010.

Un autre tournant a lieu en 2001. Joel Plys et Valerie Salstrom, à Cleveland, organisent ce qu'ils craignent de devoir financer eux-mêmes : le tout premier festival exclusivement consacré au Balboa, l'All Balboa Weekend (ABW). C'est un succès. ABW devient le rendez-vous mondial annuel de la communauté Balboa, et il existe encore aujourd'hui, chaque été. Sur son modèle, des dizaines de festivals régionaux verront le jour partout dans le monde.

L'essor mondial des années 2000

À partir des années 2000, le Balboa connaît une expansion internationale spectaculaire. La communauté Lindy Hop, déjà mondialisée, découvre l'élégance contenue du Balboa et l'adopte comme complément naturel. La danse plus rapide, plus subtile, plus intime trouve sa place dans des festivals dédiés et dans les programmes des grands camps swing internationaux.

Aux États-Unis, plusieurs événements majeurs s'imposent. All Balboa Weekend (ABW) près de Cleveland, chaque été. California Balboa Classic. Mile High Balboa dans le Colorado. SoCal Balboa Festival. BalBlast. Le Hollywood Ballroom Bash. La California Swing Dance Hall of Fame, fondée en 2008 à Anaheim, intronise les grands danseurs originaux dans son temple de la renommée et préserve leur mémoire.

En Europe, le Balboa se développe particulièrement vite dans les pays scandinaves (où le Lindy Hop avait déjà ouvert la voie), en Allemagne, en Italie, en Espagne, en Pologne, en Tchéquie. Des festivals annuels naissent dans la plupart des grandes capitales : The Snowball à Stockholm, Balboa Delight en Suisse, Berlin Balboa Festival, Balboa Catalonia à Barcelone, Roma Balboa Festival. En Asie, des scènes vivantes apparaissent à Séoul, Tokyo, Shanghai.

Une autre évolution caractéristique des années 2010 est l'apparition du Slow Balboa (ou Slow Bal), variation contemporaine née notamment des recherches sur le Pure Balboa à tempo lent qu'on trouve chez Dean Raftery, et sur le Lamanu (ou Laminu), danse d'après-guerre dérivée du Balboa par certains anciens danseurs. Le Slow Bal permet d'explorer la finesse de la connexion sans la pression du tempo, et il a élargi la palette stylistique de la danse.

Le Balboa à Paris

La scène Balboa parisienne s'est structurée à partir du milieu des années 2010, dans le sillage de la maturité atteinte par la scène Lindy Hop locale. Plusieurs danseurs francophones, ayant découvert le Balboa lors de stages à l'étranger, ont commencé à l'enseigner et à l'organiser à Paris.

L'association centrale est Balboa Swing A Paname, créée en décembre 2016 par trois danseurs passionnés de Balboa, avec pour seul objet la promotion du Balboa et du Bal-Swing à Paris. L'association propose depuis sa fondation des soirées mensuelles avec orchestre de musiciens de jazz swing, fil rouge constant de la communauté parisienne. Elle organise également le Paris Balboa Festival, devenu le rendez-vous international annuel de la scène balboa francilienne, qui réunit le temps d'un week-end plusieurs centaines de danseurs venus de toute l'Europe, autour d'enseignants internationaux, de trois soirées, et de groupes live. Le festival a depuis été élargi pour inclure le Collegiate Shag sous le nom de Balboa Shag a Paname, illustrant la parenté esthétique entre ces deux danses cousines.

D'autres collectifs animent la scène parisienne. Couleurs Swing programme des temps forts saisonniers, notamment le Paris Winter Balboa en janvier et le Paris Spring Balboa au printemps. Ces événements se tiennent au Temple du Swing, dans le quinzième arrondissement, devenu l'un des hauts lieux du Balboa parisien, ainsi que dans plusieurs autres salles parisiennes (Pan Piper, Seguin Sound).

Plusieurs écoles parisiennes proposent des cours hebdomadaires de Balboa, du niveau débutant à l'avancé, et la communauté grandit chaque année. La scène est plus restreinte que celle du Lindy Hop, mais elle est cohésive, technique, exigeante, accueillante. L'agenda complet des soirées et événements Balboa à Paris et en Île-de-France est tenu à jour sur Swingin.paris.

Qu'est-ce qui définit le Balboa ?

Une position fermée stricte

Le Balboa se distingue de toutes les autres danses swing par sa position fermée chest-to-chest, où les partenaires gardent un contact poitrine contre poitrine permanent, légèrement décalé vers la gauche. Le bassin reste proche, sans pression. Le buste est droit, parfois imperceptiblement penché en avant. Les mains, dans la position classique, se tiennent à hauteur moyenne, sans tension.

Un jeu de pieds tout en finesse

Toute la danse passe par les pieds. Le poids reste sur les balles des pieds, qui glissent sur le parquet sans le frapper. Les talons descendent rarement. Les pas sont petits, parfois minuscules. La structure est à huit temps, mais elle se prête à toutes les variations : single time, double time, triple time, kick-step, break time. Chaque danseur développe son propre vocabulaire de syncopes.

Une grammaire à deux niveaux

Le Balboa moderne se danse sur deux registres qui se mêlent fluidement : Pure Bal (position fermée maintenue, toute la créativité dans les pieds) et Bal-Swing (ouvertures, tours, lollies, throwouts, crossovers, retours dans la position fermée). Un même morceau peut alterner indéfiniment entre les deux registres, selon la musique et l'humeur des partenaires.

Une danse pour tous les tempos

Si le Balboa est célèbre pour sa capacité à tenir les tempos rapides (190 à 250 battements par minute, jusqu'à plus de 300 dans les compétitions de vitesse), il se danse en réalité sur toute la palette tempo, des plus lents (Slow Balboa) aux plus rapides. Sa compacité spatiale lui permet d'absorber des vitesses où le Lindy Hop devient ingérable, mais elle ne le réduit pas à cela.

Une éthique de la discrétion

Plus que pour aucune autre danse swing, le Balboa porte une éthique de la discrétion. Né dans des ballrooms où personne ne pouvait vous voir, fait pour la conversation à deux plutôt que pour la performance, il garde dans ses meilleurs interprètes contemporains cette pudeur fondamentale. On ne danse pas le Balboa pour être regardé. On le danse pour la qualité de présence avec son ou sa partenaire. C'est probablement pour cela que tant de Lindy Hoppers, après des années de swingouts en posture haute, viennent au Balboa comme à une révélation : celle d'une intimité retrouvée, d'un secret à deux.

Frise chronologique

1513 L'explorateur espagnol Vasco Núñez de Balboa découvre l'océan Pacifique depuis l'isthme de Panama. La péninsule californienne portera plus tard son nom.
1906 Construction du Balboa Pavilion sur la péninsule de Newport Beach, premier grand lieu de villégiature de la côte.
1928 Ouverture du Rendezvous Ballroom, futur berceau spirituel du Balboa.
~1930 Première forme du Balboa dansée dans les ballrooms californiens surpeuplés. Position fermée stricte, jeu de pieds à huit temps.
1932 Premières mentions du Balboa Shuffle dans la presse régionale du Sud californien.
1936-1939 Apogée des Ray Rand Swingers, alias les Big Four (Maxie Dorf, Hal Takier, Lolly Wise, Gil Fernandez) sur la côte ouest.
~1937-1938 Les ballrooms californiens commencent à assouplir leur politique no-breaks. Émergence du Bal-Swing, mélange de Pure Bal et de SoCal Swing.
1938 Apparition rare et précieuse du Bal-Swing dans le film hollywoodien Start Cheering.
1939-1940 Dissolution des Ray Rand Swingers. La guerre disperse les danseurs. Maxie Dorf rejoint la Navy.
1941-1945 La Seconde Guerre mondiale interrompt la trajectoire des grands ballrooms californiens.
1944 La cabaret tax de 30 % aux États-Unis précipite la fin des grands orchestres swing.
1957-1958 Stan Kenton enregistre au Rendezvous Ballroom les albums Rendezvous with Kenton et Back to Balboa.
1966 Incendie définitif du Rendezvous Ballroom. Le site n'est jamais reconstruit.
1978 Ed et Inez Thompson rejoignent Hal et Marge Takier pour lancer une soirée bimensuelle de Balboa au restaurant Bobby McGee's de Newport Beach.
Début des années 1980 Sylvia Sykes et Jonathan Bixby retrouvent et filment les maîtres survivants. Naissance de la transmission contemporaine.
1990s Le swing revival mondial donne une seconde vie aux danses vintage. Le Balboa entre dans le répertoire des stages internationaux.
2000 Mort de Maxie Dorf. Hommage international de la communauté Balboa.
2001 Joel Plys et Valerie Salstrom organisent à Cleveland le premier All Balboa Weekend (ABW), premier festival au monde exclusivement consacré au Balboa.
2005 Mort de Willie Desatoff.
2008 Fondation de la California Swing Dance Hall of Fame, qui intronise les grands danseurs originaux.
9 janvier 2012 Mort de Hal Takier à 94 ans.
Décembre 2016 Création à Paris de l'association Balboa Swing A Paname.
2018 Mort d'Anne Mills, l'une des dernières grandes suiveuses originales.
Années 2020 Le Balboa s'est solidement implanté sur les cinq continents. Des dizaines de festivals annuels lui sont consacrés. Le Paris Balboa Festival, le Paris Winter Balboa et le Paris Spring Balboa font de Paris l'une des capitales européennes du genre.

Questions fréquentes

Où et quand le Balboa est-il né ?
Le Balboa est né sur la côte sud de la Californie au tout début des années 1930, dans les grands ballrooms bondés de la péninsule de Newport Beach. Les premières mentions du nom Balboa Shuffle dans la presse datent de 1932. La danse tire son nom de la péninsule de Balboa et du Rendezvous Ballroom, construit en 1928, où elle s'est cristallisée comme style distinctif. Elle a connu une popularité immense dans toute la Californie pendant les années 1930 et 1940.
Quelle est la différence entre Pure Bal et Bal-Swing ?
Le Pure Bal est la forme originale et stricte : les partenaires restent en position fermée poitrine contre poitrine du début à la fin, sans jamais se séparer, et toute la complexité passe par les variations de jeu de pieds. Le Bal-Swing est la version plus tardive et plus ouverte, apparue à la fin des années 1930 quand les ballrooms ont commencé à autoriser les breaks. Le Bal-Swing combine les pas de Pure Bal avec des moments en position ouverte qui permettent les rotations, les lollies, les crossovers, les throwouts. Les deux formes se dansent aujourd'hui de manière fluide dans la même conversation.
Pourquoi le Balboa se danse-t-il en position fermée ?
Le Balboa est né de la contrainte d'espace. Dans les grands ballrooms californiens des années 1930, le Rendezvous Ballroom pouvait accueillir plus de 4 000 personnes sur une piste de plus de 1 100 mètres carrés, soit plus de 1 500 couples en même temps. Les figures aériennes des Lindy Hoppers ou du Charleston devenaient dangereuses. Plusieurs ballrooms affichaient des panneaux no breaks et engageaient des videurs. Les danseurs ont donc inventé une forme qui reste en contact poitrine contre poitrine, avec un jeu de pieds très précis et de petites translations qui ne dérangent personne.
Qui sont les Big Four ?
Les Big Four désigne le surnom donné aux Ray Rand Swingers, troupe de danseurs californiens active entre 1936 et 1939. Elle réunit Maxie Dorf, Hal Takier, Lawrence Lolly Wise et Gil Fernandez, ainsi que leurs partenaires (Mary McCaslin, Betty Roeser, Lillian Arnold, Venna Cascon). Cette troupe domine les compétitions et les exhibitions du Sud californien, et c'est elle qui mêle le plus dynamiquement le Pure Balboa avec le SoCal Swing pour donner naissance à ce qu'on appellera plus tard le Bal-Swing.
Qui est Maxie Dorf et pourquoi est-il si important ?
Maxie Dorf (1921-2000) est l'un des pionniers majeurs du Bal-Swing et l'un des Big Four. Photographe pour la Navy pendant la Seconde Guerre mondiale, il a continué à danser jusqu'à un âge avancé. Il est surtout celui qui, dans les années 1980 et 1990, a personnellement enseigné le Balboa à Sylvia Sykes et Jonathan Bixby, leur transmettant son style, sa philosophie et son vocabulaire de pas. Sans son désir explicite de garder la danse vivante, le Balboa moderne n'existerait probablement pas sous sa forme actuelle.
Comment le Balboa a-t-il été redécouvert ?
Le Balboa n'a en réalité jamais complètement disparu. Une communauté restreinte de danseurs originaux a continué à danser dans des restaurants Bobby McGee's en Californie du Sud à partir de 1978, à l'initiative d'Ed et Inez Thompson et Hal et Marge Takier. La véritable renaissance internationale commence dans les années 1980 quand les danseurs Sylvia Sykes et Jonathan Bixby, avec l'aide de l'historien Dwight Lupardus, retrouvent les maîtres survivants et les filment systématiquement. Sylvia Sykes commence ensuite à enseigner le Balboa partout dans le monde. En 2001, Joel Plys et Valerie Salstrom organisent à Cleveland le premier All Balboa Weekend, premier festival exclusivement consacré au Balboa.
À quel tempo se danse le Balboa ?
Le Balboa est associé aux tempos rapides, généralement entre 190 et 250 battements par minute, et il excelle effectivement aux vitesses où le Lindy Hop devient difficile à tenir. Cependant les danseurs originaux dansaient aussi sur des tempos lents et moyens, et la scène contemporaine a vu se développer un Slow Balboa très expressif. Le Balboa peut donc se danser sur à peu près n'importe quel tempo de musique swing, des plus lents aux plus rapides (plus de 300 BPM dans certaines compétitions de vitesse).
Où danser le Balboa à Paris ?
Paris dispose d'une scène Balboa très active. Le rendez-vous principal de l'année est le Paris Balboa Festival, organisé par l'association Balboa Swing A Paname (créée en 2016), qui propose chaque année un week-end international de cours et de soirées avec orchestres live. Couleurs Swing organise également deux temps forts saisonniers, le Paris Winter Balboa en janvier et le Paris Spring Balboa au printemps, au Temple du Swing et dans plusieurs salles parisiennes. Plusieurs écoles enseignent le Balboa toute l'année à Paris. Le calendrier complet est tenu à jour sur Swingin.paris.
Quelle est la différence entre Balboa et Lindy Hop ?
Lindy Hop et Balboa sont deux danses swing contemporaines (toutes deux nées autour de 1930) mais cousines plutôt que sœurs. Le Lindy Hop est né à Harlem au sein des communautés afro-américaines, dans les grandes salles du Savoy Ballroom qui laissaient toute la place aux mouvements. Le Balboa est né dans le Sud de la Californie, principalement chez les jeunes Blancs de classe moyenne, dans des ballrooms si surpeuplés que les figures aériennes y étaient interdites. Le Lindy Hop est une danse à huit temps qui alterne position fermée et position ouverte avec des swingouts, des breakaways et parfois des aerials. Le Balboa, dans sa forme pure, reste poitrine contre poitrine et déploie toute sa virtuosité dans le jeu de pieds. Beaucoup de danseurs pratiquent aujourd'hui les deux danses en complément l'une de l'autre.

Sources et lectures

Pour aller plus loin

  • Bobby White, blog Swungover : référence anglophone sur l'histoire du Balboa, du Lindy Hop et des SoCal Swings. swungover.wordpress.com.
  • Maxie Dorf, lettre autobiographique sur l'histoire du Balboa et du Bal-Swing, archivée par la communauté.
  • Sylvia Sykes & Jonathan Bixby, vidéos de cours privés avec Dean Collins (1981-1982) et avec Maxie Dorf, archives The Track Podcast.
  • Dwight Lupardus, The Balboa Project, film documentaire sur les maîtres originaux.
  • Lewis Orchard, recherches historiques sur les origines du Balboa et sur les Ray Rand Swingers.
  • California Swing Dance Hall of Fame : biographies des grands danseurs originaux. csdhof.com.
  • All Balboa Weekend (ABW), Cleveland : programme et booklets historiques. allbalboaweekend.com.
  • Alma Heaton, Ballroom Dance Rhythms, 1954, premier livre à inclure deux pages sur le Balboa.
  • Article : Hellzapoppin', Start Cheering et autres films d'archives contenant des extraits de Balboa et de Bal-Swing.
  • Festival parisien : Paris Balboa Festival par l'association Balboa Swing A Paname.
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