Histoire des danses swing

L'histoire du Lindy Hop

Né au cœur de Harlem dans les années 1920, le Lindy Hop est la danse swing par excellence. Récit complet d'une aventure afro-américaine devenue mondiale.

Le Lindy Hop n'est pas une danse comme les autres. Né dans les bals de Harlem à la fin des années 1920, il a survécu à la Grande Dépression, conquis Hollywood, traversé une guerre mondiale, frôlé l'extinction, ressuscité dans une petite ville côtière de Suède, et fait aujourd'hui vibrer des dizaines de milliers de danseurs sur les cinq continents. À chaque étape de cette trajectoire, la danse a porté la même promesse : celle d'une conversation rythmique entre deux partenaires libres, sur la musique noire américaine la plus exigeante et la plus joyeuse qui soit.

Cet article retrace, étape par étape, l'histoire complète d'une danse devenue un monument culturel. Des champs de coton aux marathons de danse, du Savoy Ballroom à Hollywood, de l'oubli au renouveau, voici comment un mouvement né sur un parquet d'un block de Lenox Avenue est devenu une langue universelle.

Aux racines : les danses afro-américaines avant le Lindy Hop

Pour comprendre la naissance du Lindy Hop, il faut remonter avant Harlem, avant le jazz, avant même la fin de l'esclavage. Les danses qui font le Lindy ont commencé à se former bien plus tôt, sur les plantations du Sud des États-Unis, dans les ring shouts des communautés afro-américaines, dans le juba, dans le cakewalk. Ces formes vernaculaires conservent, à travers la rythmique et la mémoire corporelle, des éléments venus d'Afrique de l'Ouest : pulsation polyrythmique, contretemps marqué, dialogue entre solistes et groupe, posture ancrée dans le sol.

Au tournant du vingtième siècle, ces racines se cristallisent dans une série de danses populaires qui vont fournir, pièce par pièce, le matériau du futur Lindy Hop. Le Texas Tommy, popularisé à New York vers 1913 par la danseuse Ethel Williams, introduit l'idée révolutionnaire d'un breakaway : les partenaires, jusque-là enlacés en position fermée, se séparent pour improviser quelques pas en position ouverte, avant de se retrouver. Cette ouverture, ce moment où chacun peut soudain dire quelque chose de personnel, est l'innovation décisive dont héritera le Lindy.

Dans son sillage viennent le Charleston, qui éclate à Broadway en 1923 grâce à la composition de James P. Johnson, le Black Bottom, le Shimmy, le Susi-Q, le Boogie Back. Tous se dansent sur les rythmes du ragtime et du jazz naissant. Tous célèbrent le corps autonome, la prise de risque, l'humour, la conversation entre solistes. Tous viennent des communautés noires américaines.

Quand les premiers Lindy Hoppers commenceront à mélanger ces vocabulaires, ils ne créeront donc pas ex nihilo : ils prolongeront une tradition.

Harlem, capitale culturelle d'une Amérique noire

Dans les années 1920, le quartier de Harlem, au nord de Manhattan, vit une effervescence sans précédent. La Grande Migration, ce déplacement massif d'environ six millions d'Afro-Américains du Sud rural vers les villes industrielles du Nord, a transformé un ancien quartier juif et italien en l'une des plus grandes concentrations urbaines noires du monde. Avec eux sont arrivés la musique, les codes, les ambitions et la conscience politique d'une génération qui refuse la place que la société américaine voulait lui assigner.

C'est la Renaissance de Harlem. Les écrivains Langston Hughes, Zora Neale Hurston et Countee Cullen publient, le philosophe Alain Locke théorise, le peintre Aaron Douglas fait éclore une iconographie nouvelle. Les clubs de jazz s'ouvrent à un rythme effréné : le Cotton Club, le Connie's Inn, le Renaissance Ballroom, l'Apollo Theater. Sur scène, Duke Ellington, Cab Calloway, Fletcher Henderson, Bessie Smith, Louis Armstrong inventent une langue musicale qui s'imposera comme l'une des plus influentes du siècle.

Cette effervescence n'a rien d'innocent. Dans les États-Unis ségrégués des lois Jim Crow, où la violence raciale est quotidienne, où les emplois corrects sont rares et où la dignité n'est jamais acquise, créer de l'art, ouvrir des salles, écrire des poèmes et danser jusqu'au matin sont en soi des actes politiques. Le jazz et les danses qui l'accompagnent ne sont pas un divertissement : ils sont une affirmation.

C'est dans ce climat qu'un nouveau lieu va, en 1926, changer la donne.

1926, l'ouverture du Savoy Ballroom

Le 12 mars 1926, sur Lenox Avenue (aujourd'hui également appelée Malcolm X Boulevard), s'ouvre une salle qui va changer la danse populaire pour le siècle à venir. Le Savoy Ballroom est conçu par deux entrepreneurs blancs, Jay Faggen et Moe Gale, sur le modèle du Roseland Ballroom de midtown, mais sa direction est confiée à un homme d'affaires afro-américain venu de la Barbade : Charles Buchanan. C'est ce trio improbable qui décide d'une politique radicale pour son époque : la salle sera ouverte à tous, sans distinction de couleur.

Le soir de l'ouverture, 2 000 personnes sont refoulées à l'entrée. Le bâtiment, qui occupe tout un pâté de maisons, s'étend sur un étage entier au-dessus du rez-de-chaussée. La piste mesure environ soixante mètres de long sur quinze de large. Deux orchestres alternent en permanence sur une double estrade, garantissant que la musique ne s'arrête jamais. Le sol est monté sur ressorts et changé tous les trois ans, tant l'usage est intensif. Les murs sont peints en rose, les colonnes en miroir, les lustres en cristal taillé.

Le Savoy a beau être luxueux, son public est populaire. Pour quelques cents, les ouvriers, les domestiques, les étudiants et les artistes de Harlem viennent y danser sur les meilleurs orchestres du pays. Chick Webb y deviendra chef d'orchestre maison, suivi par Al Cooper et ses Savoy Sultans. Les batailles d'orchestres, dont la plus célèbre opposera Chick Webb à Benny Goodman en 1937, deviennent des événements quasi sportifs, scrutés par toute la presse noire.

Surtout, le Savoy abrite, dans un angle nord-est de la salle, une zone informelle qui va devenir mythique : le Cat's Corner. C'est là que les meilleurs danseurs viennent se mesurer entre eux, sous le regard d'un public qui scrute, juge, applaudit. C'est là que naîtra le Lindy Hop tel qu'on le connaît.

1927-1928, la naissance d'un nom

Le 20 mai 1927, à 7h52 du matin, un aviateur de vingt-cinq ans s'envole de Roosevelt Field, à Long Island. Trente-trois heures et demie plus tard, il atterrit au Bourget, accueilli par une foule en délire. Charles Lindbergh vient de réaliser le premier vol transatlantique en solitaire sans escale entre New York et Paris. Surnommé Lucky Lindy, il devient instantanément l'une des figures les plus populaires de son temps.

La presse américaine titre partout : Lindy hops the Atlantic. Le verbe to hop, qui signifie à la fois sauter et faire un court trajet aérien, fait fureur. Dans les jours qui suivent, des recettes, des chansons et des danses sont baptisés en son honneur. Dès le 25 mai 1927, soit quatre jours après son atterrissage parisien, le Pittsburgh Gazette Times évoque un Lindy Hop, une danse de scène en six pas tribut à l'aviateur. Le même jour, Te Roy Williams et son orchestre enregistrent un morceau intitulé Lindbergh Hop.

Pendant des années, les chercheurs ont raconté la naissance du Lindy Hop comme une scène unique, presque cinématographique. Selon la légende, le 17 juin 1928, un marathon de danse débute au Manhattan Casino, à l'angle de la 155e Rue et de la 8e Avenue. Pendant seize jours, des dizaines de couples vont danser presque sans interruption sous l'œil des photographes et des caméras Fox Movietone News. Parmi eux, un petit homme d'à peine un mètre soixante, George Snowden, surnommé Shorty, et sa partenaire Mattie Purnell. Lassés des pas répétitifs, ils improvisent, se séparent dans un breakaway, et déclenchent l'enthousiasme du public. Une caméra zoome sur les pieds de Shorty. Un journaliste lui demande ce qu'il fait. Il aurait répondu, désinvolte : The Lindy.

Le récit canonique de Shorty Snowden inventant le nom Lindy Hop dans un marathon de danse est probablement embelli. Les recherches récentes montrent que le terme circulait déjà dans la presse depuis plus d'un an. Ce qui reste vrai, c'est l'invention rythmique : le breakaway harlémite codifié par Snowden et Purnell.

L'historien finlandais Harri Heinila, qui a passé en revue les archives de presse de l'époque, a démontré que le terme Lindbergh Hop apparaissait déjà bien avant le marathon de 1928, et qu'au moins quatre danses différentes ont porté ce nom sans rapport entre elles. Seule celle de Harlem a survécu. Ce que Snowden et Purnell ont vraiment inventé, ce n'est pas un nom mais une grammaire : la dissociation systématique des partenaires en position ouverte, prolongée par un retour en position fermée. C'est cette structure, et non l'anecdote du journaliste, qui fait du Lindy Hop une danse.

Quelques mois plus tard, en 1929, Shorty Snowden apparaît dans After Seben, un court-métrage de S.J. Kaufman. C'est la première trace filmée d'une danse encore en gestation, qu'on peut reconnaître comme un proto-Lindy Hop.

1930-1934, la codification d'un langage

Au tournant des années 1930, la Grande Dépression frappe l'Amérique de plein fouet. Harlem n'est pas épargné, mais le Savoy reste plein. La musique évolue : le jazz orchestral se dote progressivement de sections rythmiques plus puissantes, les tempi accélèrent, la guitare et la contrebasse remplacent banjo et tuba. C'est l'aube de l'ère du swing. Sur la piste du Savoy, une première génération de danseurs codifie le vocabulaire de la nouvelle danse.

Shorty Snowden, désormais associé à sa partenaire Beatrice « Big Bea » Gay, devient le premier star dancer du Savoy. Le contraste physique du duo, un mètre soixante contre près d'un mètre quatre-vingts, devient l'une des images iconographiques de l'époque. Autour d'eux gravite une cohorte : Leroy « Stretch » Jones, Twistmouth George, Edith Matthews à qui l'on doit le caractéristique twist du swivel de la suiveuse, Little Bea. Ils inventent le Lindy Circle, perfectionnent le Swingout, expérimentent les premières figures un peu spectaculaires.

À la même époque, un personnage clé entre en scène. Herbert White, surnommé Whitey à cause d'une mèche blanche qui lui traverse le crâne, ancien boxeur, est embauché comme videur au Savoy. Doté d'un sens aigu du commerce et d'un œil pour le talent, il est promu floor manager au début des années 1930. Il scrute, repère, encourage. Il comprend très vite que ces gamins qui dansent au Cat's Corner valent de l'or. Avec l'aval de la direction, il commence à recruter les meilleurs sous son propre nom : ce seront les Whitey's Lindy Hoppers.

Parmi les recrues, deux gamins de Harlem se distinguent : Norma Miller, quatorze ans en 1934, embauchée le lendemain d'une victoire au concours du Savoy organisé à l'Apollo Theater ; et un grand timide d'une vingtaine d'années qui fréquente la salle depuis 1933 et qui s'appelle Frankie Manning.

1935, l'envol de Frankie Manning

Frankie Manning grandit à Harlem dans les années 1920 entre les bals d'amis et le Renaissance Ballroom. Quand il pousse pour la première fois la porte du Savoy en 1933, il est encore intimidé. Très vite, il se révèle être plus qu'un bon danseur : un compositeur, un architecte. Là où ses prédécesseurs restent verticaux, lui descend le bassin, projette le buste en avant, allonge la silhouette. Cette posture horizontale, plus aérienne et plus athlétique, libère la danse vers le haut.

En 1935, lors d'une compétition au Savoy contre Shorty Snowden et Big Bea, Manning entre dans la légende. Il demande à Chick Webb de jouer Down South Camp Meeting. Au moment du climax, lui et sa partenaire Frieda Washington exécutent une figure jamais vue : Frieda, projetée par dessus le dos de Frankie, retombe dans le rythme. C'est le premier air step de l'histoire du Lindy Hop, baptisé Over the Back. Le public est en transe.

La nuance compte. Les danseurs de Harlem avaient déjà soulevé leurs partenaires avant Manning. Ce qui change avec Over the Back, c'est que la figure n'est plus un porté décoratif, mais une figure dansée, exécutée dans le tempo, qui retombe dans la phrase musicale. Manning fait de l'acrobatie une réplique du dialogue rythmique, pas un hors-jeu. Dans les années qui suivent, les air steps vont se multiplier comme jamais : Side Flip, Hip to Hip, Snatch, Frankie Dip...

La même année, en septembre, le journal New York Daily News lance le Harvest Moon Ball, un grand concours amateur de danse de salon organisé à Madison Square Garden. Initialement prévu pour le tango, la valse, le fox-trot et la rumba, il ajoute le Lindy Hop dans son programme après que les administrateurs du Colonial Park de Harlem aient suggéré la chose au journal. Cette inclusion va donner aux danseurs noirs de Harlem une visibilité nationale immédiate. Pendant les quarante années qui suivront, l'épreuve sera scrutée par toute la presse, filmée par les actualités cinématographiques puis télévisée par Ed Sullivan.

Les Whitey's Lindy Hoppers, ambassadeurs du swing

En 1935, Whitey White officialise sa troupe. Les Whitey's Lindy Hoppers ne sont pas un groupe figé : il s'agit plutôt d'un vivier d'élite, qui prendra des dizaines de noms différents selon les contrats (Whitey's Hopping Maniacs, Harlem Congeroo Dancers, The Hot Chocolates, Arthur White's Lindy Hoppers), comptera jusqu'à soixante-dix membres au fil des années, et alimentera plusieurs sous-formations en tournée simultanée. Frankie Manning en devient rapidement le chorégraphe officieux. Les autres figures majeures sont Norma Miller, Al Minns, Leon James, Willa Mae Ricker, Billy Ricker, Ann Johnson, William Downes.

La troupe innove à plusieurs niveaux. Elle invente la chorégraphie d'ensemble en Lindy, les fameux routines synchronisées où plusieurs couples exécutent les mêmes pas en miroir, et les stops, ces pauses dramatiques au milieu du morceau. Elle professionnalise une danse vernaculaire sans la dépouiller de son improvisation.

Dès 1935, certains membres partent en tournée européenne après leur victoire au Harvest Moon Ball. Norma Miller, alors âgée de quinze ans, y participe pendant sept mois. En 1936, la troupe accompagne la chanteuse Ethel Waters dans une tournée nord-américaine. Les engagements à Broadway s'enchaînent : le Cotton Club Parade, The Hot Mikado en 1939 aux côtés de Bill « Bojangles » Robinson, et surtout Hellzapoppin', revue déjantée d'Olsen et Johnson qui tient l'affiche de 1938 à 1941 avec 1 404 représentations. Le numéro Lindy Hop, dansé sur Jumpin' at the Woodside de Count Basie, est l'un des temps forts du spectacle.

Une note importante. Les Whitey's Lindy Hoppers ne sont pas tendres avec leur patron. Plusieurs membres, notamment Norma Miller, dénonceront publiquement les conditions économiques imposées par White, qui prélevait une part importante des cachets et payait peu ses danseurs. Mais tous reconnaissent qu'il a porté la danse plus loin qu'elle ne l'aurait été sans lui.

L'âge d'or hollywoodien

Le cinéma américain découvre les Whitey's Lindy Hoppers en 1937, sur le tournage de A Day at the Races des Marx Brothers, à Hollywood. La scène, courte mais explosive, montre une troupe entière en mouvement dans un décor de tribunes en plein air. Suivent Radio City Revels en 1938 (souvent crédité comme un film de 1937 sorti en 1938), Keep Punching en 1939, et Hot Chocolate, un court-métrage de 1941 avec Duke Ellington dans lequel le Lindy se danse sur Cottontail.

Mais c'est Hellzapoppin', sorti par Universal Pictures le jour de Noël 1941 au Rivoli Theatre de New York, qui scelle la postérité de la troupe. La scène de Lindy, chorégraphiée par Frankie Manning sur Jumpin' at the Woodside, est sans doute la séquence la plus connue de l'histoire du genre. Les danseurs y incarnent du personnel de service noir (cuisiniers, femmes de chambre, valet, chauffeur, ouvrier) auquel les Blancs des années 1940 étaient habitués à voir des Afro-Américains réduits. C'est un costume imposé. Pourtant, en quatre minutes d'une intensité folle, William Downes et Frances « Mickey » Jones, Billy Ricker et Norma Miller, Al Minns et Willa Mae Ricker, et enfin Frankie Manning et Ann Johnson, transforment cette assignation en démonstration triomphale. La scène a inspiré, et continue d'inspirer, à peu près tous les danseurs Lindy Hop qui l'ont vue.

Le destin se charge cependant d'écourter l'élan. Après le tournage, la troupe s'envole à Rio de Janeiro pour une série de représentations. L'attaque de Pearl Harbor, le 7 décembre 1941, ferme les routes maritimes. Les danseurs restent bloqués au Brésil pendant dix mois, épuisant leurs économies. Quand ils rentrent enfin, en 1942, c'est pour découvrir que les hommes de la troupe sont appelés sous les drapeaux. Frankie Manning est mobilisé en 1943, servira en Nouvelle-Guinée, aux Philippines et au Japon. Les Whitey's Lindy Hoppers se dissolvent. La fête est finie.

1945-1980, l'effacement

Au retour de la guerre, le paysage musical et social a basculé. En 1944, le Congrès américain instaure une taxe de cabaret (cabaret tax) de 30 % sur les établissements offrant musique vivante et danse. Cette mesure fiscale, presque jamais évoquée dans les récits populaires du déclin du jazz, étrangle économiquement les grands orchestres. Les big bands, déjà fragilisés par les coûts de tournée et la concurrence du disque, ne s'en remettront pas. Beaucoup se dissolvent en quelques années.

Sur le plan esthétique, le bebop de Charlie Parker, Dizzy Gillespie et Thelonious Monk émerge dans la seconde moitié des années 1940 dans les clubs new-yorkais. Cette musique est volontairement difficile, complexe, harmoniquement audacieuse. Elle n'a pas été conçue pour la danse, et la plupart des danseurs Lindy ne la suivent pas. Quelques années plus tard, le rock'n'roll envahit la jeunesse blanche américaine. Les rythmes binaires se substituent aux pulsations ternaires du swing, la position fermée des slows remplace les breakaways, et le couple devient à nouveau l'unité dansante de base.

Le Lindy Hop, désormais déphasé musicalement, devient une danse de niche. Il survit à travers ses descendants directs : le boogie-woogie codifié par les Européens, le jitterbug GI ramené sur le continent par les soldats américains de la libération, le West Coast Swing qui s'épure à Los Angeles, le Carolina Shag dans les stations balnéaires du Sud. La danse mère s'efface peu à peu.

Le Savoy Ballroom ferme ses portes en juillet 1958. Le bâtiment est rasé la même année pour faire place à des logements sociaux dans le cadre d'un programme de rénovation urbaine. Une plaque commémorative ne sera installée qu'en 2002, à l'initiative de Frankie Manning et Norma Miller.

Les anciens des Whitey's reprennent une vie ordinaire. Frankie Manning, après une seconde troupe (les Congaroos, 1947-1955) et un dernier film (Killer Diller, 1948), s'installe pour trois décennies à l'United States Postal Service comme employé administratif. Norma Miller continue à se produire, écrit, fait du comique, vit à Las Vegas. Al Minns et Leon James enseignent ponctuellement, mais aucun ne pense vraiment qu'on dansera encore le Lindy au vingt-et-unième siècle.

Les années 1980, la renaissance

La résurrection du Lindy Hop est l'une des grandes histoires culturelles de la fin du vingtième siècle. Elle ne s'est pas faite d'un coup, ni en un seul endroit. Elle est le produit d'une convergence improbable entre des passionnés américains, britanniques et suédois, qui se sont retrouvés par hasard sur la même piste à la même époque.

New York, 1981 : la redécouverte d'Al Minns

Le premier acte se joue à New York en 1981. Sandra Cameron et Larry Schulz, qui dirigent un studio de danse à Manhattan, assistent au concours organisé par Louise « Mama Lou » Parks Duncanson, qui maintient depuis des décennies la flamme de la danse à Harlem. Ils y repèrent un homme qui danse avec une grâce que Schulz n'a jamais vue. C'est Al Minns, ancien des Whitey's Lindy Hoppers, soixante-deux ans, oublié de presque tous. Il accepte de venir enseigner au Sandra Cameron Dance Center à partir de 1982. C'est la première fois qu'un original transmet directement à une nouvelle génération. Al Minns meurt en 1985, peu après avoir évoqué dans un de ses cours un autre survivant : Frankie Manning, qui vit à Corona, dans le Queens.

Suède, 1982 : la naissance d'Herräng

Au même moment, dans un autre coin du monde, la Swedish Swing Society de Stockholm organise, du 1er août 1982, un premier camp de danse d'une semaine dans le petit village minier de Herräng, à environ 110 kilomètres au nord-est de Stockholm. Vingt-cinq personnes y assistent. Le professeur invité est John Clancy, un Américain de New York qui enseigne une version blanche du jitterbug d'après-guerre. À l'époque, les Suédois ne savent pas encore que le Lindy Hop est une danse afro-américaine.

Tout change en 1983, quand Lennart Westerlund, l'un des organisateurs du camp, met la main sur Jazz Dance de Marshall et Jean Stearns, l'ouvrage de référence sur les danses noires américaines. L'année suivante, il s'envole pour New York à la recherche des racines. À l'automne 1984, Al Minns vient à son tour à Stockholm. En 1985, Westerlund cofonde avec d'autres une troupe semi-professionnelle, The Rhythm Hot Shots (devenue plus tard Harlem Hot Shots).

Londres, 1985 : les Jiving Lindy Hoppers

Au Royaume-Uni, en mars 1985, un autre collectif fait le voyage : les Jiving Lindy Hoppers, fondés par Warren Heyes, l'historien Terry Monaghan, Ryan Francois, Claudia Gintersdorfer et Lesley Owen, débarquent à New York à la recherche des originaux. Ryan Francois deviendra l'un des plus importants enseignants du renouveau britannique. En 1987, à Londres, ils ouvrent les Jitterbugs, le premier club européen entièrement consacré aux danses swing.

Californie, 1986 : Erin Stevens et Steven Mitchell appellent Frankie

Le moment pivot survient en 1986. À Pasadena, Erin Stevens et son partenaire de l'époque Steven Mitchell ont passé des années à étudier la scène de Hellzapoppin' image par image. Ils savent qu'un certain Frankie Manning a chorégraphié la séquence. Ils finissent par retrouver sa trace à Corona, dans le Queens. Ils l'appellent. Manning, alors âgé de soixante-douze ans, hésite, refuse, puis accepte. Il leur donne rendez-vous lors d'une soirée organisée par Bryant Dupré, dans le sous-sol du Mercantile Exchange. Il danse avec Erin, voit son swivel, sourit. Il accepte de leur enseigner.

Frankie a dit que c'est en voyant Erin et Steven danser qu'il a eu l'inspiration de revenir à l'enseignement, et qu'il a vu la possibilité d'une renaissance du Lindy Hop. Il a particulièrement noté qu'Erin faisait le swivel exactement comme il s'en souvenait. Témoignage rapporté par Margaret Batiuchok

Cette même année, Lennart Westerlund écrit à Manning et l'invite en Suède. Manning s'y rend pour la première fois en 1987 pour travailler avec les Rhythm Hot Shots. En 1989, il enseigne pour la première fois au camp de Herräng. À partir de cette date, il y reviendra chaque été, transmettant directement à des milliers de danseurs venus de plus en plus de pays. La même année, Manning remporte un Tony Award à Broadway pour la chorégraphie de Black and Blue. Le silence est rompu. La danse renaît.

Norma Miller, Queen of Swing

Norma Miller, la Queen of Swing, suit le même chemin. Installée à Las Vegas, elle est rejointe par la nouvelle génération de chercheurs et de danseurs. Elle publiera en 1996 son autobiographie Swingin' at the Savoy, deviendra l'une des dernières voix vivantes à raconter Harlem, et continuera à enseigner à Herräng jusqu'à un âge avancé. Elle s'éteint le 5 mai 2019, à quatre-vingt-dix-neuf ans.

Un mouvement mondial

Dans les années 1990, le Lindy Hop redevient un phénomène populaire dans un nombre croissant de villes. Aux États-Unis, le mouvement neo-swing prend de l'ampleur avec des groupes comme Big Bad Voodoo Daddy, Squirrel Nut Zippers, Royal Crown Revue et le Brian Setzer Orchestra. Le clip publicitaire des chaussures Gap en 1998, qui montre de jeunes danseurs en kakis exécutant un Lindy Hop chorégraphié, est vu par des millions d'Américains. Le film Swing Kids (1993) et la séquence Lindy de Malcolm X de Spike Lee (1992), dans laquelle Frankie Manning apparaît, popularisent la danse auprès d'un public encore plus large.

L'internet joue ensuite un rôle décisif. Les premières archives de vidéos d'époque circulent sur Yehoodi.com, les listes de diffusion permettent aux danseurs du monde entier de discuter des nuances techniques, et les forums créent une communauté planétaire qui partage la même grammaire dansée. Au milieu des années 2000, YouTube généralise la diffusion des concours et des bals. La scène devient véritablement transnationale.

Les festivals structurent le mouvement. Herräng grandit jusqu'à atteindre cinq semaines consécutives en juillet. Le Snowball à Stockholm, le Lindy Shock à Budapest, le Camp Hollywood à Los Angeles, le International Lindy Hop Championships (ILHC) à Washington deviennent des rendez-vous incontournables. En France, le festival Savoy Cup à Montpellier s'impose comme l'un des grands rendez-vous compétitifs européens.

Frankie Manning meurt le 27 avril 2009, un mois avant son quatre-vingt-quinzième anniversaire. La fête de Frankie 95 qui devait être donnée à New York se transforme en mémorial, et accueille plus de deux mille danseurs venus de trente-trois pays. Cinq ans plus tard, Frankie 100 rassemble plus de deux mille danseurs de quarante-sept pays. Le 26 mai, jour de la naissance de Manning, est officiellement désigné World Lindy Hop Day.

La communauté contemporaine n'oublie pas non plus les questions de transmission et d'appropriation culturelle. Depuis les années 2010, un travail collectif est mené pour rappeler les racines noires américaines de la danse, créditer les pionniers anonymes, soutenir les danseurs et les enseignants afro-américains, et reconnaître le caractère politique d'un héritage trop longtemps détaché de son contexte. La Frankie Manning Foundation, fondée à la mort de Manning, finance des bourses, soutient des projets éducatifs et entretient cette mémoire.

Le Lindy Hop à Paris

La ville lumière entretient une relation historique et passionnée avec le swing. Dès les années 1920, Paris devient une terre d'accueil pour les musiciens afro américains fuyant la ségrégation et trouvant à Montmartre une liberté d'expression inédite. Sidney Bechet, Josephine Baker ou Bricktop transforment alors la capitale en épicentre du jazz mondial. Cependant, la danse Lindy Hop à proprement parler, cette danse de couple structurée autour du swingout à huit temps, ne s'implante réellement à Paris qu'à partir des années 1980 et 1990, dans le sillage de la renaissance internationale de la culture swing.

Le rendez vous incontournable de la scène parisienne est aujourd'hui le festival Lindylicious. Organisé chaque année par l'école Shake That Swing, cet événement international s'est imposé comme une référence absolue en Europe. Durant quatre jours, des centaines de danseurs venus du monde entier se rassemblent autour de professeurs de renommée mondiale. Le festival se distingue par son exigence technique mais surtout par son engagement profond à replacer le Lindy Hop dans le continuum de l'héritage culturel afro américain. Avec ses soirées de gala animées par des orchestres prestigieux, ses compétitions de haut niveau et ses conférences dédiées à l'histoire de la danse, Lindylicious représente pour la communauté le moment fort de l'année où l'esprit de Harlem revit au cœur de Paris.

Au delà de ce grand rassemblement, la scène parisienne est l'une des plus dynamiques du continent. Une vingtaine d'écoles enseignent la discipline dans tous les arrondissements et en proche banlieue, proposant des cours allant du niveau initiation à l'expertise. Les soirées hebdomadaires se comptent par dizaines et, dès l'arrivée des beaux jours, le swing s'empare de l'espace public. Les danseurs investissent alors les squares et parvis parisiens, comme la place Dauphine ou le square Tino Rossi, pour des bals en plein air devenus mythiques.

D'autres événements d'envergure, tels que le Paris Jazz Roots ou le Paris Balboa Festival, viennent enrichir ce paysage culturel foisonnant. La communauté Lindy Hop à Paris est vaste, inclusive et en constante expansion. L'agenda complet des soirées, des stages et des événements Lindy Hop à Paris et en Île de France est tenu à jour sur Swingin.paris, qui centralise également les annuaires des écoles et les liens vers les groupes de discussion de la scène locale.

Qu'est-ce qui définit le Lindy Hop ?

Au-delà de sa généalogie, le Lindy Hop se définit par un ensemble de caractéristiques techniques et musicales très précises.

Le swingout, son pas fondamental

Le swingout est la signature du Lindy Hop. Cette figure de huit temps fait passer le couple d'une position fermée à une position ouverte puis à nouveau fermée, en intégrant un quart de tour et un échange de places. Sa version harlémite originelle, transmise par Frankie Manning, est circulaire, élastique et profondément ancrée dans le tempo de la musique. Il n'existe aucun équivalent dans les autres danses de couple.

Le rythme ternaire swing

Le Lindy Hop se danse sur du swing au sens musical du terme, c'est-à-dire un rythme ternaire où les croches sont jouées en proportion 2:1 plutôt qu'en deux croches égales. C'est ce balancement particulier, ce shuffle ou triolets de la pulsation, qui produit la sensation de rebond caractéristique des big bands de l'ère swing. Les rythmes binaires du rock ou du R&B ne se prêtent pas, ou très différemment, à la danse Lindy.

L'improvisation et la conversation

Contrairement aux danses de salon européennes, le Lindy Hop n'est pas une succession de figures apprises et exécutées dans l'ordre. C'est une improvisation à deux, fondée sur l'écoute mutuelle, sur les surprises de la musique, sur la liberté de chacun des partenaires d'amener une idée. Le rôle de leader (qui propose) et celui de follower (qui interprète et répond) ne sont pas hiérarchiques mais complémentaires, et de plus en plus de danseurs explorent les deux.

Une danse en huit temps avec excursions en six

Le Lindy Hop est principalement structuré en phrases de huit temps qui correspondent aux phrases de la musique. Mais il permet de glisser des éléments en six temps (issus du Charleston, du jitterbug, du Texas Tommy), des breaks libres, des pas solo et des moments suspendus.

Une danse profondément liée à son contexte culturel

Le Lindy Hop n'est pas une technique abstraite. Il porte une mémoire. Le danser, c'est s'inscrire dans une lignée qui passe par Shorty Snowden, Frankie Manning, Norma Miller, Al Minns, et par les milliers de danseurs anonymes du Savoy. C'est aussi reconnaître que cette danse est née dans un contexte de ségrégation et d'oppression, et qu'elle a été créée par des artistes noirs américains qui n'en ont pas toujours reçu le crédit.

Frise chronologique

1913 Ethel Williams popularise le Texas Tommy à New York, prototype du breakaway.
1923 Le Charleston explose à Broadway dans Runnin' Wild.
12 mars 1926 Ouverture du Savoy Ballroom au 596 Lenox Avenue, Harlem.
20-21 mai 1927 Charles Lindbergh traverse l'Atlantique en solitaire de New York à Paris. La presse parle de son hop.
17 juin - 3 juillet 1928 Marathon de danse au Manhattan Casino. George Shorty Snowden et Mattie Purnell y popularisent le breakaway harlémite.
1929 Shorty Snowden apparaît dans After Seben, première trace filmée du proto-Lindy Hop.
1934 Norma Miller, 14 ans, est embauchée par Whitey White. Frankie Manning intègre l'équipe la même année.
1935 Frankie Manning et Frieda Washington exécutent Over the Back, premier air step de l'histoire. Les Whitey's Lindy Hoppers sont officialisés. Premier Harvest Moon Ball à Madison Square Garden.
1937 Les Whitey's Lindy Hoppers tournent A Day at the Races avec les Marx Brothers à Hollywood.
25 décembre 1941 Sortie de Hellzapoppin'. La scène Lindy chorégraphiée par Manning sur Jumpin' at the Woodside devient la séquence de référence du genre.
1942-1943 Dispersion des Whitey's Lindy Hoppers par la mobilisation.
1944 Le Congrès américain instaure la cabaret tax, qui étrangle les big bands.
10 juillet 1958 Fermeture du Savoy Ballroom. Le bâtiment est démoli la même année.
1981 Sandra Cameron et Larry Schulz retrouvent Al Minns à New York.
1er août 1982 Premier Herräng Dance Camp en Suède.
1986 Erin Stevens et Steven Mitchell contactent Frankie Manning à Corona, Queens.
1989 Frankie Manning enseigne pour la première fois à Herräng et remporte un Tony Award pour Black and Blue.
2009 Mort de Frankie Manning. Frankie 95 réunit 2 000 danseurs de 33 pays.
2014 Frankie 100 célèbre le centenaire de Manning. Le 26 mai devient World Lindy Hop Day.
2019 Mort de Norma Miller à 99 ans, dernière grande figure des Whitey's Lindy Hoppers.

Questions fréquentes

Où et quand le Lindy Hop est-il né ?
Le Lindy Hop est né à Harlem, à New York, à la fin des années 1920, principalement au Savoy Ballroom ouvert en 1926. Il s'est cristallisé en tant que danse identifiée autour de 1928, dans le sillage du marathon de danse du Manhattan Casino remporté par George Shorty Snowden et Mattie Purnell. Il puise ses racines dans des danses afro-américaines antérieures comme le Charleston, le Texas Tommy, le breakaway et le Black Bottom.
D'où vient le nom Lindy Hop ?
Le nom Lindy Hop fait référence à Charles Lindbergh, l'aviateur américain qui a traversé l'Atlantique en solitaire en mai 1927 entre New York et Paris. La presse parlait alors du hop de Lindbergh. La légende attribue à Shorty Snowden d'avoir baptisé la danse lors d'un marathon en juin 1928, mais des recherches récentes montrent que le terme Lindbergh Hop circulait dans la presse dès le 25 mai 1927. Plusieurs danses différentes ont porté ce nom à l'époque. Seule celle de Harlem a survécu.
Qui est Frankie Manning et pourquoi est-il si important ?
Frankie Manning (1914-2009) est considéré comme l'un des pères fondateurs du Lindy Hop moderne. Dansant au Savoy Ballroom dès 1933, il a révolutionné la danse en exécutant en 1935 le premier air step de l'histoire avec sa partenaire Frieda Washington. Il a introduit la posture horizontale et créé les chorégraphies d'ensemble des Whitey's Lindy Hoppers. Redécouvert en 1986 par Erin Stevens et Steven Mitchell, il a porté la renaissance mondiale comme professeur et ambassadeur jusqu'à sa mort.
Qu'est-ce que le Savoy Ballroom ?
Le Savoy Ballroom était une grande salle de bal de Harlem, à New York, située au 596 Lenox Avenue entre les 140e et 141e Rue. Ouvert le 12 mars 1926 par Jay Faggen et Moe Gale et géré par Charles Buchanan, il pouvait accueillir jusqu'à 4 000 personnes. Surnommé Home of Happy Feet, c'était l'un des rares lieux racialement intégrés des États-Unis ségrégués. Le Lindy Hop y a pris forme. Le Savoy a fermé en juillet 1958 et le bâtiment a été démoli la même année.
Pourquoi le Lindy Hop a-t-il presque disparu après la guerre ?
Plusieurs facteurs ont précipité le déclin du Lindy Hop après 1945 : la disparition des big bands liée à la cabaret tax américaine de 1944, l'émergence du bebop (moins propice à la danse sociale), le service militaire qui a dispersé les danseurs des Whitey's Lindy Hoppers, puis l'avènement du rock'n'roll et de ses formes binaires. Le Savoy Ballroom a fermé en 1958. La danse a perduré marginalement à travers ses descendants (boogie-woogie, jitterbug, West Coast Swing, Carolina Shag) avant sa renaissance dans les années 1980.
Comment le Lindy Hop a-t-il été redécouvert ?
La renaissance s'est faite sur plusieurs fronts simultanés. En 1981, Al Minns, ancien membre des Whitey's Lindy Hoppers, est retrouvé par Sandra Cameron et Larry Schulz à New York. En 1982, le premier Herräng Dance Camp est organisé en Suède. En 1985, les Britanniques de Jiving Lindy Hoppers se rendent à New York. En 1986, les Américains Erin Stevens et Steven Mitchell contactent Frankie Manning, alors employé du service postal. À partir de 1989, Manning enseigne à Herräng et porte la danse aux quatre coins du monde.
Où danser le Lindy Hop à Paris aujourd'hui ?
Le Lindy Hop à Paris se danse dans de nombreuses soirées hebdomadaires et bals mensuels organisés par les écoles et collectifs de la scène swing parisienne. Une vingtaine d'écoles enseignent la danse, des cycles débutants aux cours avancés. L'agenda complet des soirées est disponible sur Swingin.paris, et des festivals comme le Lindylicious, le Paris Jazz Roots et le Summer Camp rythment l'année.
Quelle est la différence entre Lindy Hop, jitterbug et boogie-woogie ?
Le jitterbug est un terme générique utilisé dans les années 1930 et 1940, principalement par la presse blanche, pour désigner les danses swing énergiques dont le Lindy Hop est le représentant principal. Aux États-Unis, jitterbug et Lindy Hop sont souvent synonymes. Le boogie-woogie, à l'origine un style pianistique blues, est devenu en Europe une danse de couple codifiée à six temps, descendante du jitterbug GI introduit pendant la Seconde Guerre mondiale. Le Lindy Hop original reste fondé sur le swingout à huit temps et le rythme ternaire swing.

Sources et lectures

Pour aller plus loin

  • Marshall Stearns & Jean Stearns, Jazz Dance: The Story of American Vernacular Dance, Macmillan, 1968. Ouvrage de référence sur les danses afro-américaines.
  • Frankie Manning & Cynthia R. Millman, Frankie Manning: Ambassador of Lindy Hop, Temple University Press, 2007. Autobiographie complète.
  • Norma Miller & Evette Jensen, Swingin' at the Savoy: The Memoir of a Jazz Dancer, Temple University Press, 1996.
  • Swungover (Bobby White) : swungover.wordpress.com. Référence en ligne sur l'histoire du Lindy Hop et le Harvest Moon Ball.
  • Harri Heinila, Authentic Jazz Dance Blog : authenticjazzdance.wordpress.com. Recherches historiques rigoureuses sur les origines.
  • Frankie Manning Foundation : frankiemanningfoundation.org. Archives et programmes éducatifs.
  • Herräng Dance Camp : herrang.com.
  • Vidéo : la scène Lindy Hop de Hellzapoppin' (1941).
  • Documentaire : Ken Burns, Jazz, PBS, 2001.
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