Le Shag est probablement la plus mal-nommée des danses swing. Il existe en réalité trois danses qui portent ce nom, originaires de trois régions différentes des États-Unis, séparées par des décennies, des esthétiques et des cultures. Dans les communautés swing internationales contemporaines, quand on dit Shag, on parle presque toujours du Collegiate Shag, danse rapide, sautillante, en position fermée, qui s'est développée à la fin des années 1920 dans les Carolines avant de devenir au milieu des années 1930 la danse à la mode des étudiants américains. C'est cette histoire-là que raconte cet article.
Sa trajectoire est singulière. Le Collegiate Shag a connu une apogée brève et intense entre 1935 et 1942, a quasiment disparu pendant un demi-siècle, et a connu une renaissance européenne et internationale étonnante à partir des années 2000. Cette histoire, plus discrète que celles du Lindy Hop ou du Charleston, est aussi celle d'une transmission de mémoire vivante, des derniers danseurs de l'époque jusqu'à une communauté mondiale d'amateurs qui ont fait du Shag, par leurs efforts, l'une des danses swing les plus vivantes du vingt-et-unième siècle.
Trois danses, un seul nom
Avant tout, il faut éclaircir une confusion qui hante l'histoire du Shag depuis ses origines. Trois danses différentes portent ce nom dans le monde swing américain, et il est impossible de les comprendre si on ne les distingue pas clairement.
Le Collegiate Shag est celui que la communauté swing internationale contemporaine pratique presque exclusivement, et qui constitue le sujet principal de cet article. Le Carolina Shag est devenu, à partir de 1984, la danse officielle de l'État de Caroline du Sud et le pivot d'une culture régionale très vivace dans les stations balnéaires du sud-est américain. Le St. Louis Shag, quant à lui, est resté largement régional, bien qu'il connaisse une renaissance dans certains festivals européens contemporains.
Cette confusion est d'autant plus difficile à dissiper que la presse américaine des années 1930 et 1940 désignait sous le terme générique de shag toute une famille de danses jitterbug rapides. Arthur Murray notait ainsi dans son livre Let's Dance que la danse était connue sous différents noms régionaux : flea hop dans certaines régions du Sud, Fenarly Hop ailleurs, Florida Hop, parfois Collegiate tout court, ou même Balboa, Dime Jig dans l'Ouest. Lucielle et Agnes Marsh écrivaient en 1935, dans leur Textbook of Social Dancing, qu'au plus exclusif Charleston Colonial Ball, les débutantes et les cadets faisaient ce qu'ils appelaient le Shag, un petit saut audacieux suivi de kicks, avec des lunges soudains et des tours glissés. Cette dispersion lexicale rend particulièrement difficile la reconstitution historique de la danse.
Aux racines : les Carolines des années 1920
Le Collegiate Shag, comme la plupart des grandes danses swing, plonge ses racines dans les communautés afro-américaines des Carolines dans les années 1920. Wikipédia, Library of Dance, le grand historien des danses populaires américaines Peter Loggins, le Swungover de Bobby White et plusieurs autorités convergent : la danse est née d'abord comme une street dance, une danse de rue, dans les Carolines (Caroline du Nord et Caroline du Sud), avant d'être codifiée par les studios de danse plus tard.
Comme tant d'autres danses afro-américaines, le Shag s'inscrit dans une tradition vivante de danses sociales qui ont émergé dans le Sud rural noir au tournant du siècle. Les jeunes Noirs des Carolines combinaient les pas hérités des danses ouest-africaines avec les rythmes du ragtime puis du jazz naissant, dans les cabanes des juke joints, sur les places des petites villes, dans les fêtes de plantation. Certains historiens, comme Peter Loggins, suggèrent une parenté directe avec le Turkey Trot, danse populaire à San Francisco dès 1909 puis exportée vers la côte est par Al Jolson autour de 1914. D'autres font remonter le pas plus loin, jusqu'aux danses afro-américaines vernaculaires des plantations.
Une influence majeure vient des traditions vaudeville noires de l'époque, et en particulier d'un pas appelé flea hop que pratiquaient les artistes afro-américains des cirques ambulants et des spectacles de minstrels. Le flea hop est un step-hop alterné qui, exécuté sur une musique rapide, ressemble fortement au pas de base que l'on appellera plus tard Collegiate Shag. C'est de ce socle vernaculaire qu'émerge progressivement la danse à six temps que les jeunes Blancs des campus américains s'approprieront dans la seconde moitié des années 1930.
Comme le rappelle Bobby White dans ses essais sur Swungover, il serait artificiel d'opposer une danse blanche et une danse noire dans le cas du Shag. La danse a pris son apparence collegiate à mesure qu'elle se diffusait dans les bals étudiants des universités américaines, mais ses sources, ses pas fondateurs, son sens du rythme et son économie corporelle viennent de la culture afro-américaine du Sud. C'est un héritage commun, transmis de l'invisible vers le visible.
D'où vient le mot Shag ?
Le mot shag a une histoire elle-même intrigante. Dans le contexte du jazz, il apparaît pour la première fois sur un disque dès 1926, avec un morceau intitulé All Night Shag enregistré par les Chicago Hottentots. Le terme y désigne alors une forme rythmique populaire dérivée des traditions africaines, avec une connotation suggestive (le mot shag ayant en argot américain de l'époque un sens vaguement sensuel, suggérant une danse joyeuse et désinhibée). Ce n'est qu'avec quelques années de retard que le mot se cristallise autour d'une danse précise.
Pour distinguer la nouvelle vogue des étudiants américains des autres usages du terme, on commence à y accoler à partir des années 1930 le préfixe collegiate. À l'époque, on parlait couramment de collegiate fox-trot, de collegiate waltz : le mot signalait une version jeune, rebondissante, légèrement rebelle, d'un style de danse établi. C'est cet usage qui s'est stabilisé pendant le swing revival des années 1980 et 1990, quand il est devenu indispensable de distinguer clairement le Collegiate Shag des autres danses qui portent le même mot.
Une citation de juillet 1932, retrouvée dans l'Ironwood Daily Globe, atteste l'apparition du terme dans la presse mainstream à propos d'une convention des professeurs de danse à l'Hôtel New Yorker. L'article note que le Lindy Hop demeurait une danse de ballroom exceptionnelle et que cet hiver, le Shag aurait sa part. Les professeurs ont décidé que le Shag serait l'une de leurs danses favorites. La description ajoute, avec une approximation typique de l'époque, que c'est une forme douce de Tango et une amélioration du shuffle. Cette description, vague et finalement assez inexacte, témoigne du flou qui entourait alors le mot.
Lewis Philip Hall et les premières attestations
En 1927, un homme nommé Lewis Philip Hall, originaire de Caroline du Nord, annonce dans la presse locale avoir inventé une routine de danse qu'il appelle The Shag. Sa déclaration est rapportée dans plusieurs journaux des Carolines. Hall, qui se présentera plus tard comme l'auteur d'un mémoire sur la danse, prétendra que sa création a été le point de départ du phénomène. Les historiens sont aujourd'hui prudents face à cette revendication.
Comme l'a montré l'historien Peter Loggins, deux danses qui portent le même nom ne sont pas nécessairement la même danse ni la même origine. Le Shag de Lewis Hall, créé en 1927, n'est probablement pas tout à fait celui qui deviendra la fureur des campus dix ans plus tard. Les pratiques de nommage de l'époque étaient inconstantes, et le mot Shag couvrait de nombreuses variantes locales. La revendication de Hall n'est ni à écarter ni à prendre au pied de la lettre : elle témoigne plutôt de la richesse foisonnante des danses sociales du Sud des États-Unis au tournant des années 1930.
Plus solide, en revanche, est l'attestation collective : à partir de 1932, des articles de presse mentionnent régulièrement le Shag dans le contexte des bals étudiants du Sud, et la danse commence à passer du street dance initial au répertoire des dancehalls. Ses caractéristiques restent floues à l'œil du journaliste, mais le terme s'installe.
Le Big Apple et la diffusion vers le Nord
Pour comprendre comment le Shag est passé d'une danse vernaculaire du Sud à un phénomène national, il faut faire un détour par une autre danse, le Big Apple. Cette danse circulaire, faite de figures appelées par un meneur, est née au début des années 1930 dans une ancienne synagogue convertie en juke joint noir, le Big Apple Night Club, à Columbia, en Caroline du Sud. Les jeunes Afro-Américains de Columbia y dansent en cercle, et chaque danseuse ou danseur prend tour à tour le centre de la piste pour shine, c'est-à-dire montrer ses pas.
Or, ce qu'ils dansent quand ils shinent, ce qu'ils sortent comme leur danse swing à eux, c'est précisément ce qu'on appellera plus tard le Single Shag, ou Shag du Sud. C'est leur danse de couple, leur danse de duel, leur swing dance personnel.
En 1937, des danseurs blancs de Caroline du Sud, ayant repris la formule du Big Apple Night Club, apportent leur version de la danse à New York, où elle devient à son tour un phénomène national. C'est en partie à l'occasion de cette arrivée à New York que les pas du Shag franchissent la Mason-Dixon Line et atteignent le grand public américain. C'est aussi cette année-là que l'orchestre de Tommy Dorsey enregistre une version très populaire du Big Apple, qui contribue à porter la mode du Sud vers les ondes nationales.
New York 1937 : Club Fordham et Harvest Moon Ball
L'année 1937 est celle où le Shag bascule de la régionalité au phénomène national. Trois événements convergent.
Le premier est l'arrivée à New York des danseurs du Big Apple. Le deuxième est leur fréquentation du Club Fordham, l'un des ballrooms étudiants les plus populaires de la ville. Les danseurs blancs des collèges new-yorkais voient les pas du Shag et les adoptent en masse. Le troisième est l'attention que portent à cette nouvelle vogue les studios de danse professionnels new-yorkais, dont au premier rang celui d'Arthur Murray.
Mais l'événement le plus emblématique de l'année 1937 est l'apparition d'une catégorie Collegiate Shag au Harvest Moon Ball, l'immense concours annuel de danse organisé par le Daily News au Madison Square Garden depuis 1935. En 1936 déjà, un couple de Shag dancers s'était glissé dans la catégorie Lindy Hop, où il s'était retrouvé encerclé par les Whitey's Lindy Hoppers harlemites. En 1937, l'organisation accepte sous la pression populaire de créer une catégorie dédiée. Selon le Daily News, le nombre d'inscriptions au Shag double celles de la deuxième danse la plus populaire après le Lindy, à savoir la valse. La finale du 25 août 1937 réunit, selon les chiffres officiels, 22 000 spectateurs au Madison Square Garden. La musique du Shag est jouée par Lucky Millinder et son orchestre, suivi par le Lindy puis le Tango.
Le Lindy Hop, champion des danseurs noirs de Harlem, et le nouveau Collegiate Shag, championné par une jeunesse principalement blanche, furent les deux succès incontestés du Bal et des actualités cinématographiques. Bobby White, Swungover, 1937 Harvest Moon Ball
Cette double catégorie installe la dynamique du Shag pour les cinq années suivantes. Les couples gagnants posent dans les pages du Daily News, les exhibitions tournent dans les théâtres Loews, et la presse populaire commence à parler du Shag comme de la danse de la jeunesse. Ed Sullivan lui-même en fait la promotion dans sa chronique du Pittsburgh Press. Les Harvest Moon Ball de 1936, 1937, 1938 et 1939 intègrent tous une catégorie Shag. Plusieurs couples deviennent célèbres : Conklin et Coleman remportent une édition des Intercollegiate Dance Contests new-yorkais qui sont organisés en parallèle.
Arthur Murray, propagateur national
Arthur Murray (1895-1991) est probablement la figure la plus importante de la diffusion commerciale des danses sociales américaines au vingtième siècle. Fils d'immigrants juifs autrichiens né à New York, il fonde dès les années 1920 son réseau de studios de danse à travers les États-Unis. À la fin des années 1930, son enseigne est devenue la plus grande chaîne de studios de danse au monde.
Quand Murray entend parler du Shag, il comprend immédiatement le potentiel commercial. Avec son élève Tom Gallagher, il se rend au Club Fordham, observe les pas, recrute des danseurs et fait tourner en quelques semaines un court-métrage instructif qui devient en 1937 l'un des documents historiques majeurs sur la danse. Trois couples de Collegiate Shag y exécutent les pas devant la caméra, dont des champions du Harvest Moon Ball, sur la musique de l'orchestre de Harry James. Une jeune danseuse y apparaît, June Allyson, qui deviendra plus tard l'une des grandes stars d'Hollywood.
Murray inclut alors la danse dans le programme officiel de ses studios, la codifie partiellement, et en fait une option d'enseignement standard. L'effet de cette codification est ambigu. D'un côté, elle permet à la danse de toucher des milliers d'élèves dans tout le pays. De l'autre, elle gomme une partie de la richesse improvisée qui caractérisait le Shag des danseurs originaux, en particulier des couples afro-américains des Carolines. Le Shag qui sort des studios Murray est standardisé, un peu aseptisé par rapport à sa version vernaculaire. Mais c'est ce Shag-là, plus que tout autre, qui sera enregistré sur film et qui servira de référence pour les chercheurs des décennies suivantes.
Connie Wiedell, le Shag à Hollywood
Sur la côte ouest, le Shag prend une coloration particulière. Quand Conrad « Connie » Wiedell, originaire du Minnesota, arrive à Los Angeles en 1935, il apporte avec lui une version du Shag qu'il a apprise un an plus tôt dans un théâtre du Midwest, auprès d'une troupe en tournée qui pratiquait alors le Peabody. Sur le trajet, il envisage un moment de baptiser sa danse Chicago Shag pour la rendre plus excitante, mais le nom ne s'imposera pas.
L'arrivée de Connie à Los Angeles, au volant de sa Cord automobile verte, est restée dans la mémoire des danseurs californiens. Son style devient rapidement la signature du Shag californien : très rebondi, très lisible, très théâtral. Les dessinateurs des grands studios d'animation d'Hollywood, à la recherche de modèles pour leurs personnages dansants, l'observent et imitent ses mouvements. Plusieurs cartoons des années 1930 et 1940 reprennent visiblement son style.
Connie Wiedell apparaît dans plusieurs films importants. Un clip filmé sur la plage de Venice Beach en 1938, devenu l'un des documents de référence pour les Shag dancers contemporains, le montre danser avec une partenaire dans un style particulièrement véloce. Un autre clip de plage de 1940 fait aussi date. Dans le film Dance Hall de 1941, on peut le voir aux côtés de Dean Collins et de Jewel McGowan, deux figures majeures du SoCal Swing.
Connie a aussi été un transmetteur direct. Son principal élève, Ray Hirsch, devient à son tour l'un des grands Shag dancers du cinéma américain. Ray Hirsch et sa partenaire Patti Lacey apparaissent dans plusieurs films marquants : Blondie Meets the Boss (1939), Mad Youth (1940), et I'm Just a Jitterbug (1939). Beaucoup plus tard, dans les années 1990 et 2000, ce sera Ray Hirsch lui-même qui transmettra à de jeunes Européens, notamment Marcus Koch et Bärbl Kaufer, sa connaissance des pas et du style. Une chaîne de mémoire ininterrompue depuis 1935.
Le Shag est aussi devenu un vocabulaire d'enrichissement pour les grands danseurs swing de la côte ouest. Maxie Dorf, Ricky Birch, Freddie Christopherson, Hal Takier, et même Dean Collins intégraient le Shag à leur Lindy Hop comme une variation parmi d'autres. Le couple Freddie et Betty Christopherson en 1937 mélange déjà Shag et Lindy dans leurs numéros. Cette pratique du mélange, déjà inscrite dans les pratiques originales, est aujourd'hui revendiquée par les communautés contemporaines.
Les films emblématiques
Le Shag a eu la chance d'être abondamment filmé au cours de sa brève apogée. Plusieurs documents constituent aujourd'hui le corpus de référence pour les chercheurs et les danseurs contemporains.
Le plus emblématique reste évidemment le court-métrage instructif d'Arthur Murray de 1937, où trois couples de Collegiate Shag exécutent les pas devant la caméra. La danseuse June Allyson, future grande star d'Hollywood au générique de Little Women en 1949 et de plusieurs musicals de la MGM, y danse avec Arthur Walsh sur la musique de Harry James et son orchestre. C'est l'un des documents les plus utilisés par les enseignants contemporains pour reconstituer le pas de base.
Blondie Meets the Boss (Columbia, 1939), comédie tirée du comic strip Blondie de Chic Young, contient une séquence où Ray Hirsch et Patti Lacey exécutent un numéro de Shag à très haute énergie. Cette scène, courte mais brillante, est l'une des références principales pour les jeunes Shag dancers du vingt-et-unième siècle.
Mad Youth (1940) est un film de série B aujourd'hui largement oublié, mais qui contient une scène de Shag mémorable, là encore avec Ray Hirsch et Patti Lacey.
Cabin in the Sky (1943), film musical de Vincente Minnelli avec Lena Horne et Ethel Waters, contient une scène où Ricky Birch, ami et colocataire de Connie Wiedell, exécute du Shag dans un club où joue l'orchestre de Duke Ellington. Ricky Birch saute par-dessus une table avec sa partenaire avant d'entrer en piste, dans une démonstration de panache typique du Shag californien.
Les short-films Vitaphone tournés avec les orchestres d'Artie Shaw et de Woody Herman contiennent également plusieurs séquences de Shag, généralement en arrière-plan, parfois en numéro principal. Enfin, plusieurs actualités cinématographiques des Harvest Moon Ball de 1936, 1937, 1938 et 1939 ont survécu, et contiennent des extraits précieux des finales de la catégorie Shag.
Single, double, triple : les rythmes du Shag
Le Collegiate Shag connaît plusieurs variantes rythmiques que les historiens contemporains désignent par les termes single, double, long-double et triple. Cette taxonomie, qui n'existait pas à l'époque sous cette forme, a été établie au cours des années 1990 et 2000 par les chercheurs et enseignants du revival, principalement aux États-Unis et en Allemagne.
Le double-rhythm shag, qui se compte slow, slow, quick, quick, est le plus pratiqué dans les communautés internationales contemporaines. Sa structure est à six temps : deux step-hops (un pas et un saut sur le même pied) sur les deux slows, puis deux pas alternés sur les deux quicks. C'est le pas qu'enseigne Arthur Murray dans son film de 1937, c'est celui que Connie Wiedell danse en Californie, c'est celui qui circule aujourd'hui dans tous les cours débutants.
Le single-rhythm shag, à quatre temps, est probablement le plus pratiqué pendant l'ère swing originale. Sa structure est : un step-hop suivi de deux pas alternés (quick-quick). Les danseurs des Carolines, du Big Apple Night Club, et de la première vague Collegiate, dansaient sans doute principalement ce pas-là, mais c'est aujourd'hui le moins enseigné en Europe.
Le triple-rhythm shag, à huit temps, ajoute un step-hop supplémentaire avant les deux quicks. Sa pulsation devient particulièrement adaptée aux tempos très rapides, et il est très apprécié des danseurs avancés contemporains.
Le long double-rhythm shag, identifié plus récemment par les historiens, est une variante à quatre pas rapides plutôt que deux. Il a été retracé à Charlotte, en Caroline du Nord, dès 1936, où il coexistait avec les rythmes single et triple.
Au-delà de la taxonomie, ce qui caractérise le Collegiate Shag de toutes ces variantes, c'est une pulse constante, un rebond perpétuel sur les balles des pieds, qui matche chaque temps de la musique. Cette pulse, alliée à des kicks qui atteignent leur amplitude maximale sur les temps faibles (les temps pairs) plutôt que sur les temps forts, donne au Shag son énergie reconnaissable entre toutes.
La guerre et l'éclipse
Comme tant d'autres danses swing, le Collegiate Shag commence à décliner au début des années 1940. Plusieurs facteurs concourent à son éclipse.
La Seconde Guerre mondiale mobilise les jeunes hommes des campus américains. Les bals étudiants perdent leurs danseurs. Les studios de danse Arthur Murray continuent à enseigner le Shag, mais comme une variante désuète parmi d'autres. Le rationnement de l'essence, du caoutchouc et du cuir réduit la fréquentation des grands ballrooms californiens où Connie Wiedell faisait sa loi.
La musique elle-même change. Vers le milieu des années 1940, le bebop émerge à New York et déplace les goûts musicaux des jeunes Noirs. Les big bands se dissolvent les uns après les autres, étranglés par la cabaret tax de 30 % votée en 1944 par le Congrès américain. Les musiques jouées dans les bals se ralentissent ou se transforment, et le Shag à 220 BPM trouve de moins en moins son public.
Après la guerre, dans les années 1950, l'arrivée du rock'n'roll achève la métamorphose. La jeunesse américaine veut désormais danser le bop, le jitterbug, l'East Coast Swing simplifié, et bientôt le twist. Le Collegiate Shag, perçu comme une mode étudiante des années 1930, disparaît presque totalement des pistes de danse.
Pendant trente ans, à partir de 1945 environ, le Shag survit dans des cercles très restreints. Quelques anciens danseurs continuent à se retrouver dans les bals de la Côte est et de la Côte ouest. Quelques studios indépendants conservent le pas dans leur répertoire. Mais aucun nouveau pratiquant ne le découvre, aucun enseignement structuré ne le transmet. La danse s'enfonce dans la nuit du vingtième siècle, presque oubliée.
Carolina Shag et St. Louis Shag, les cousins lointains
Pendant que le Collegiate Shag s'éteint, deux autres danses qui portent le même nom apparaissent ou se développent dans des contextes très différents. Elles méritent une mention, ne serait-ce que pour ne pas être confondues avec le sujet principal.
Le Carolina Shag
Le Carolina Shag émerge à partir des années 1940 sur les plages des Carolines (Ocean Drive à North Myrtle Beach, en Caroline du Sud, est l'un des hauts lieux historiques). Issu lui aussi d'une danse plus ancienne afro-américaine appelée Little Apple, il se développe pendant la ségrégation raciale : de jeunes Blancs observent les danses des Afro-Américains dans les clubs côtiers, et en adaptent les pas dans leur propre culture des dancehalls de plage. Le résultat est une danse à six temps, comme le Collegiate, mais sur des tempos modérés, plus fluide, plus glissante, dansée sur la beach music et le rhythm and blues. Le Carolina Shag devient l'emblème de la culture côtière des Carolines, à laquelle s'attachent toute une mythologie locale, des clubs (Fat Harold's, Spanish Galleon, Hoto's), et une institution centrale, le National Shag Dance Championship (NSDC), créé en 1984 à Myrtle Beach et toujours actif chaque année. Le Carolina Shag est devenu en 1984 la danse officielle de l'État de Caroline du Sud.
Le St. Louis Shag
Le St. Louis Shag est encore une autre danse, originaire de Saint-Louis dans le Missouri, dérivée du Charleston. Sa structure est à huit temps, et sa figure de base combine des triple-steps et des kicks (typiquement : triple-step, kick, triple-step, kick). Stationnaire sur la piste, dansée en couple sur du swing rapide, elle se rapproche par certains aspects du Collegiate Shag mais s'en distingue par sa logique rythmique propre. Largement restée régionale, elle connaît néanmoins une certaine renaissance dans les festivals européens contemporains, portée notamment par des danseurs lituaniens comme Simona et Rokas, ambassadeurs du style en Europe.
Ces deux danses, distinctes du Collegiate Shag, partagent simplement le mot. Leur existence rappelle à quel point le vocabulaire des danses vernaculaires américaines s'est construit dans l'ambiguïté et la confusion locale. C'est aussi pour cette raison que les communautés swing internationales contemporaines insistent désormais sur l'usage du qualificatif Collegiate.
La renaissance américaine et européenne
La renaissance du Collegiate Shag s'est faite en plusieurs vagues, principalement entre la fin des années 1990 et le milieu des années 2010, sur plusieurs continents.
Aux États-Unis : Peter Loggins et la Californie
Aux États-Unis, le pionnier du revival est l'historien et danseur Peter Loggins, basé en Californie. À la fin des années 1990, alors que le grand swing revival bat son plein autour du Lindy Hop, Loggins décide de s'attaquer au Shag, danse plus marginale, plus oubliée. Il se rapproche de Connie Wiedell lui-même, qui est encore vivant à l'époque, et passe selon ses propres mots d'innombrables heures à apprendre les pas du maître. Loggins anime alors des concours de Shag dans le Sud de la Californie à la fin des années 1990 et au début des années 2000, dans des lieux comme le Derby de Hollywood, où les Shag dancers se retrouvent après les soirées Lindy pour jammer jusqu'au petit matin. Cette première vague reste assez circonscrite. Il y a eu un petit revival, avec des Shag weekends qui apparaissaient lentement à travers le monde, écrira Loggins. Mais ça n'a pas vraiment pris, parce que la plupart des danseurs étaient plus intéressés par le Lindy Hop, le Swing, le Charleston et le Balboa. Le décollage réel viendra de l'autre côté de l'Atlantique.
En Allemagne : Marcus Koch et Bärbl Kaufer
Le couple allemand Marcus Koch et Bärbl Kaufer, originaires de Munich, joue dans le revival européen un rôle comparable à celui de Sylvia Sykes pour le Balboa. Ils commencent à danser ensemble en 1991, leur rencontre se passe au Herräng Dance Camp en Suède, le même camp qui a relancé le Lindy Hop européen. En 1992, ils apprennent leurs premiers pas de Balboa et de Shag avec le danseur néerlandais Rob van Haaren.
Très vite, comprenant que les danseurs originaux du Shag sont encore vivants, ils s'envolent pour les États-Unis. Ils y rencontrent Frankie Manning pour le Lindy Hop, Norma Miller, Gil Bradey de Don't Knock the Rock, Jean Veloz de Swing Fever et Groovie Movie, et surtout Ray Hirsch, l'élève direct de Connie Wiedell. Ils s'installent même pendant quatre ans aux États-Unis pour être à la source, comme ils le disent.
De retour en Europe à la fin des années 1990, Marcus et Bärbl ouvrent le Vintage Club à Munich, école qui devient le principal foyer européen du Shag et du Balboa. Ils produisent une série de DVD instructifs intitulée World of Swing, dont le premier volume (Collegiate Shag 1 & 2) est probablement la ressource pédagogique la plus utilisée par toute une génération de danseurs européens dans les années 2000. Ils gagnent cinq titres consécutifs de champions d'Allemagne de Boogie Woogie, le World Championship de Boogie en 1993, et reçoivent le prestigieux Feather Award en 1996 et 1997. En 2002, ils obtiennent l'International Dance Teacher Award.
Ils fondent également deux événements majeurs : le Munich Balboa & Shag Weekend (MBSW), qui devient un rendez-vous européen, et le Rock That Swing Festival à Munich, l'un des plus grands camps swing d'Allemagne. Marcus Koch est également chorégraphe au Gärtnerplatztheater de Munich, l'un des grands théâtres de la ville. Le couple a fêté en 2021 les trente ans de son partenariat de danse.
2013, le boom Sayer-Roettig
Si la renaissance du Shag a une date de bascule, c'est probablement 2013. Cette année-là, le couple américain Stephen Sayer et Chandrae Roettig exécute une démonstration de Collegiate Shag qui devient virale dans la communauté swing internationale. Leur Shag est rapide, ludique, créatif, virtuose. Leur vidéo, partagée sur YouTube et Facebook, est vue par des centaines de milliers de personnes. Du jour au lendemain, le Shag devient cool.
Cet engouement déclenche un afflux massif de nouveaux danseurs. Les écoles européennes de Lindy Hop ajoutent des cours de Shag à leur offre. Des festivals dédiés émergent. La discipline obtient sa place dans les compétitions internationales (notamment l'International Lindy Hop Championships aux États-Unis). Les danseurs européens commencent à voyager spécifiquement pour le Shag.
D'autres figures contemporaines majeures émergent dans cette vague. Stephen Sayer et Chandrae Roettig bien sûr, devenus enseignants demandés dans le monde entier. Charlotte Liebenow et Jordan Hunter, couple germano-américain basé à Berlin, qui se spécialise dans les fondamentaux et la musicalité. Cherry Moreno, Egle Nemickaite, Kasia Dybowska, Arnas Razgunas, Filip Górski, tous figures de la scène européenne. Les Alpine Jitterbugs, troupe austro-bavaroise. Blake Hudspeth et Grace Babbes aux États-Unis. Simona et Rokas en Lituanie pour le St. Louis Shag.
Une scène jeune, dynamique, internationale, particulièrement vive en Europe centrale et orientale, s'est constituée en moins d'une décennie autour d'une danse qu'on croyait perdue.
Le Shag dans le monde aujourd'hui
Aujourd'hui, le Collegiate Shag est l'une des danses swing les plus dynamiques au monde. Le réseau de festivals dédiés s'est densifié, particulièrement en Europe centrale et orientale.
Le Warsaw Collegiate Shag Festival (WCSF), organisé chaque année en mai à Varsovie en Pologne, est aujourd'hui le festival mondial exclusivement consacré au Collegiate Shag le plus important. L'édition 2026 se tient du 14 au 17 mai, avec des enseignants comme Charlotte Liebenow, Cherry Moreno, Egle Nemickaite, Kasia Dybowska, Arnas Razgunas, Filip Górski, Jordan Hunter, Stephen Sayer. Les soirées sont animées par les orchestres The Roaring Cats, The Schwings, The Cajun Spices. Selon les organisateurs, c'est le premier événement du genre en Pologne, et son objectif est de répandre et promouvoir le Collegiate Shag en Europe et de soutenir son renouveau global.
Le Barcelona Shag Festival, organisé par BCN Shag, est l'autre rendez-vous européen majeur, avec des soirées sur la plage et un format mêlant cours et concerts. Le Munich Balboa & Shag Weekend, organisé par Marcus Koch et Bärbl Kaufer, propose chaque année une formule combinant les deux danses sœurs. Le Shag'n'Bal Festival à Innsbruck, organisé par les Alpine Jitterbugs, suit une formule similaire dans les montagnes autrichiennes. Le All Balboa Weekend (ABW) à Cleveland, Ohio, inclut traditionnellement des cours et des soirées de Shag.
D'autres événements ponctuels existent dans plusieurs pays : le Great Lakes Shag Escape aux États-Unis et de nombreux Shag weekends régionaux en Italie, en Espagne, en Suède, en Lituanie. La Lituanie, notamment, est devenue une scène Shag particulièrement vivace.
Au-delà des festivals, le Shag a pris sa place dans le tissu international des camps swing généralistes, du Herräng Dance Camp en Suède au Snowball à Stockholm, en passant par les nombreux exchanges Lindy Hop internationaux et le Sofia Swing Dance Festival en Bulgarie qui inclut couramment des références au Shag dans ses niveaux avancés.
Le Shag à Paris
À Paris, le Shag n'a pas de festival qui lui soit exclusivement consacré, contrairement au Lindy Hop (Lindylicious, Cosylicious), au Blues (Paris Midnight Blues) ou au Balboa (Paris Balboa Festival). La scène Shag parisienne est plus restreinte que celle de ses cousines swing, et la communauté locale se forme principalement à travers les cours et stages des écoles généralistes de swing.
Plusieurs écoles parisiennes incluent le Shag dans leur programme pédagogique. Shake That Swing (STS), école certifiée Qualiopi située dans le onzième arrondissement, organise régulièrement des stages dédiés de Collegiate Shag. Au sein de son équipe, Juliette et Nicolas, deux danseurs et danseuses qui se sont spécialisé·es dans le Shag très tôt après un passage dans l'équipe lyonnaise Shall We Swing?, animent ces stages plusieurs fois par an. Leur showcase de Shag au festival Lindylicious 2022 a marqué la communauté parisienne.
Jazzy Feet, école fondée en 2017 à Paris et dédiée principalement au Lindy Hop, au Charleston et au Solo Jazz, organise occasionnellement des workshops dédiés au Shag sous le nom Shaggy Feet. La formule, qui réunit plusieurs couples d'enseignants internationaux le temps d'un week-end (par exemple Sandy et Marti des États-Unis et d'Espagne, Ai et Nial de France et d'Australie pour l'édition 2024), a fait connaître le Shag à plusieurs centaines d'élèves parisiens.
Social Swing Systeme (S3), basée aux Frigos de Paris dans le treizième arrondissement, mentionne le Shag dans ses cours optionnels et l'a déjà programmé en stage. Ze Art Studios et Jazzy Steps (la plateforme en ligne sœur de Jazzy Feet) mentionnent le Shag dans leur offre pédagogique générale.
Sur le plan associatif, un groupe Facebook intitulé Collegiate Shag Paris rassemble la communauté locale de Shag dancers, organise des rencontres ponctuelles et relaie les annonces de cours et de festivals internationaux. Beaucoup de Shag dancers parisien·nes voyagent régulièrement pour les grands festivals européens (Varsovie en mai, Barcelone à l'automne, Munich, Innsbruck), où la scène française est de plus en plus visible.
Pour les soirées sociales, le Shag se danse à Paris lors des grands bals généralistes de swing, dès qu'un orchestre joue à 200 BPM ou plus. Le Caveau de la Huchette dans le cinquième arrondissement, ouvert depuis 1946, le Petit Journal Saint-Michel, le Duc des Lombards et plusieurs des soirées mensuelles organisées par les écoles parisiennes (notamment les bals We Got Swing de Swing Delight ou les soirées Lindylicious) sont autant de moments où le Shag fait son apparition. Pour situer la scène Shag dans l'agenda swing parisien complet, le calendrier des cours, soirées et festivals est tenu à jour sur Swingin.paris.
La communauté parisienne du Shag, encore en construction, témoigne de la dynamique européenne plus large : une danse longtemps oubliée qui retrouve, par la passion d'enseignants et d'élèves d'une nouvelle génération, sa place légitime dans la famille des danses swing vivantes.
Qu'est-ce qui définit le Shag ?
Une pulse constante
Plus que toute autre danse swing, le Collegiate Shag se reconnaît à sa pulse, ce rebond perpétuel sur les balles des pieds qui matche chaque temps de la musique. Le bassin reste haut, le poids reste sur l'avant des pieds, et le corps semble flotter constamment juste au-dessus du sol. Cette pulse n'est jamais un repos : c'est un moteur, une énergie cinétique permanente qui pousse vers le pas suivant.
Une structure rythmique reconnaissable
Sur le plan rythmique, le Shag se distingue de toutes les autres danses swing par sa structure slow, slow, quick, quick (pour le double-rhythm shag, le plus pratiqué aujourd'hui). Chaque slow équivaut à deux temps, chaque quick à un temps, ce qui donne une phrase de six temps qui se répète indéfiniment. Cette unité de six temps, plus courte que le huit-temps du Lindy Hop, donne au Shag son caractère plus carré, plus tonique, plus rapide à exécuter.
Des kicks atypiques
Caractéristique inhabituelle, les kicks du Shag atteignent leur amplitude maximale sur les temps faibles (les temps pairs, 2, 4, 6) plutôt que sur les temps forts. C'est l'inverse de la plupart des autres danses sociales, où les accents corporels coïncident avec les accents musicaux. Le Shag crée ainsi une polyrythmie corporelle par rapport à la musique : le corps marque ses propres temps faibles, en contrepoint des accents de l'orchestre.
Une position fermée et compacte
Le Shag se danse en position fermée, généralement compacte (poitrine à poitrine ou très proche), bien que la pratique contemporaine ait élargi le vocabulaire avec des positions ouvertes, des switchs de rôles, et des sorties créatives. Cette compacité, héritée comme pour le Balboa de l'encombrement des pistes californiennes et new-yorkaises des années 1930, conditionne toute la grammaire de la danse : pas courts, déplacements limités, énergie concentrée vers le haut plutôt que vers le large.
Une éthique du jeu et de la rapidité
Plus que toute autre danse swing, le Shag porte une éthique de la vitesse et du jeu. C'est une danse faite pour les tempos rapides (185 à 250 BPM, souvent au-delà), pour les morceaux où le Lindy commence à être difficile à tenir. Sa physicalité athlétique, son humour visuel (les kicks qui se croisent, les figures qui semblent rouler), son sens de la complicité entre les deux partenaires en font une danse joyeuse, parfois comique, toujours communicative.
Frise chronologique
Questions fréquentes
Où et quand le Shag est-il né ?
Quelle est la différence entre Collegiate Shag, Carolina Shag et St. Louis Shag ?
Pourquoi appelle-t-on cette danse Collegiate Shag ?
Quel est le pas de base du Collegiate Shag ?
Qui était Connie Wiedell ?
Quel rôle a joué Arthur Murray dans la popularisation du Shag ?
Comment le Shag a-t-il été redécouvert ?
Où apprendre et danser le Shag à Paris ?
Quels sont les grands festivals Shag dans le monde ?
Sources et lectures
Pour aller plus loin
- Peter Loggins, The Collegiate Shag History, blog The Jassdancer, 2009. Article fondateur sur l'histoire du Shag par l'historien californien qui a recueilli les souvenirs de Connie Wiedell.
- Bobby White, Swungover, série d'articles sur les Harvest Moon Ball, notamment l'essai géant sur le HMB 1937 : swungover.wordpress.com.
- Lucielle & Agnes Marsh, Textbook of Social Dancing, 1935. Premier ouvrage à mentionner le Shag dans une typologie systématique des danses sociales.
- Arthur Murray, Let's Dance, ouvrage de référence qui consacre quelques pages au Shag et à ses variantes régionales.
- Marshall & Jean Stearns, Jazz Dance: The Story of American Vernacular Dance, Macmillan, 1968.
- Marcus Koch & Bärbl Kaufer, World of Swing, série de DVD dont Collegiate Shag 1 & 2 (Beg/Int), World of Swing, Munich. Ressource pédagogique de référence pour le revival européen.
- Library of Dance, page Collegiate Shag : reconstitution historique d'après les manuels de danse des années 1930. libraryofdance.org.
- Court-métrage instructif d'Arthur Murray (1937), How to Dance the Shag, avec June Allyson et l'orchestre de Harry James.
- Films historiques : Blondie Meets the Boss (Columbia, 1939), Mad Youth (1940), Dance Hall (1941), Cabin in the Sky (Vincente Minnelli, 1943).
- Actualités cinématographiques des Harvest Moon Ball, 1936-1939, archives Library of Congress et Universal Newsreel.
- Festival international : Warsaw Collegiate Shag Festival (Pologne), édition 2026 du 14 au 17 mai.
- Festival international : Barcelona Shag Festival (Espagne).
- Festival international : Shag'n'Bal Festival par les Alpine Jitterbugs (Innsbruck, Autriche).
- Munich Balboa & Shag Weekend (MBSW), par Marcus Koch et Bärbl Kaufer, worldofswing.com.